Des experts turcs estiment qu’une attaque israélienne contre la Turquie est improbable
Des experts militaires et en politique étrangère turcs ont déclaré au quotidien Cumhuriyet que les affirmations selon lesquelles Israël pourrait se retourner contre la Turquie après les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran ne correspondent pas aux réalités militaires et politiques.
Un sondage PanoramaTR publié en février auprès de 2 109 personnes révèle que les Turcs considèrent désormais Israël comme la principale menace extérieure pour leur pays.
“A new Turkish threat is emerging”
— Former Israeli pm Naftali Bennett pic.twitter.com/lqwp2ymT5j— Lord Bebo (@MyLordBebo) March 1, 2026
L’inquiétude a grandi après que l’ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett a déclaré le 17 février qu' »une nouvelle menace turque émerge », affirmant que la Turquie remplace l’Iran comme danger principal pour Israël. Bennett a décrit le président Recep Tayyip Erdoğan comme « un adversaire sophistiqué et dangereux » qui cherche à encercler Israël.
Le général de brigade à la retraite Ali Er a déclaré à Cumhuriyet qu’il ne voit aucune logique politique à une attaque israélienne contre la Turquie et a estimé que ce débat semble viser à influencer l’opinion publique intérieure. Il a affirmé qu’Israël pourrait nuire à la Turquie dans un conflit mais en subirait de lourdes conséquences.
Er a souligné que la géographie et les alliances limitent également ce scénario. La Turquie et Israël ne partageant pas de frontière terrestre, Israël serait limité à des opérations aériennes. Il a déclaré qu’attaquer la Turquie signifierait s’en prendre à un État membre de l’OTAN, ce qu’il a qualifié d’implausible.
Il a cité l’abattage par la Turquie d’un avion de guerre russe près de la frontière syrienne en novembre 2015, qui a déclenché une crise avec Moscou, comme exemple de l’effet dissuasif de l’OTAN.
Le Dr Remzi Çetin, universitaire spécialiste de la politique israélienne et des relations internationales, a déclaré à Cumhuriyet que la Turquie n’a aucun intérêt à chercher un affrontement avec Israël et que toute confrontation signifierait aussi faire face aux États-Unis en raison du soutien de Washington à Israël.
Çetin a évoqué le paysage régional après l’effondrement du gouvernement de Bachar al-Assad en Syrie début décembre 2024 et affirmé que la Turquie a renforcé son influence en Syrie depuis. Il a rappelé que le futur président américain Donald Trump avait déclaré en décembre 2024 que la Turquie « détenait la clé » de l’avenir de la Syrie.
Çetin a estimé que les propos virulents des politiciens israéliens doivent être lus dans le contexte de la politique intérieure, liés selon lui à la communication électorale avant les élections israéliennes prévues en octobre 2026. Il a affirmé qu’un conflit Turquie-Israël serait un désastre régional, sans commune mesure avec les guerres passées d’Israël.


“A new Turkish threat is emerging”


