Des étudiants parmi les 6 personnes emprisonnées en Turquie pour des liens présumés avec le mouvement Gülen
Un tribunal de la province d’Edirne, dans le nord-ouest de la Turquie, a ordonné l’arrestation de six personnes, dont des étudiants universitaires, pour des liens présumés avec le mouvement Gülen après des raids policiers coordonnés dans cinq provinces.
L’affaire s’inscrit dans une enquête du parquet d’Edirne visant ce que les autorités appellent la « structure étudiante actuelle » du mouvement.
Les forces de l’ordre ont mené des perquisitions à Edirne, Istanbul, Bursa, Bilecik et Çanakkale et placé 12 personnes en garde à vue, dont des étudiants et diplômés de l’université de Trakya. Après interrogatoire, six ont été incarcérées pour « appartenance à une organisation terroriste », tandis que les six autres ont été libérées sous contrôle judiciaire.
Des téléphones et ordinateurs ont été saisis lors des perquisitions domiciliaires, conformément à un schéma récurrent dans les affaires visant le mouvement Gülen, où les autorités considèrent les données numériques et contacts quotidiens comme des preuves d’« appartenance à une organisation terroriste ».
Les défenseurs des droits et experts juridiques dénoncent depuis longtemps des accusations fondées sur des activités banales (comptes bancaires, liens universitaires ou applications de messagerie) plutôt que sur une implication avérée dans des actes violents.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan poursuit les sympathisants du mouvement Gülen – inspiré par le prédicateur musulman Fethullah Gülen – depuis que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 ont impliqué son entourage et sa famille.
Qualifiant ces enquêtes de « complot güleniste », Erdoğan a désigné le mouvement comme une « organisation terroriste » en mai 2016, avant d’intensifier la répression après le putsch avorté de juillet 2016 qu’il lui attribue. Le mouvement dément fermement toute implication dans cette tentative de coup d’État ou toute activité terroriste.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour des liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 encore emprisonnées. Près de 24 000 dossiers sont en cours, et 58 000 autres font l’objet d’enquêtes actives une décennie plus tard.
Outre les milliers d’emprisonnements, de nombreux sympathisants ont dû fuir la Turquie pour échapper à cette répression.
Avec des informations du Stockholm Center for Freedom
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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