Des chercheurs allemands alertent sur le risque croissant de séisme à Istanbul
Des chercheurs allemands affirment que la principale menace sismique pour Istanbul se situe sous la mer de Marmara, une section clé de la faille principale étant bloquée et accumulant des tensions.
L’étude a analysé le séisme de magnitude 6,2 survenu en avril et près de 20 ans de données sismiques de la même zone. Elle révèle que le séisme d’avril était le plus important sur cette faille depuis plus de 60 ans, mais qu’il n’a pas libéré suffisamment de tensions pour réduire le risque à long terme.
Les chercheurs ont constaté que les séismes de magnitude 5 et plus se déplacent vers l’est depuis 2011, s’arrêtant près de la section « bloquée » au sud de la ville. En termes simples, les parties occidentales de la faille glissent lentement, tandis que la section proche d’Istanbul est bloquée, accumulant ainsi de l’énergie.
L’étude pointe également une zone offshore avec peu d’activité sismique récente dans le segment d’Avcılar, entre le bassin de Kumburgaz et la section bloquée des îles des Princes. Les répliques du séisme d’avril se sont arrêtées près de cette zone calme, laissant un segment potentiel pour le prochain séisme modéré ou majeur.
Autre découverte : la direction des ruptures sismiques sur cette faille. L’équipe a noté que le séisme d’avril a généré des ondes sismiques plus courtes et énergétiques vers l’est, un schéma qui peut amplifier les secousses dans la direction de la rupture. Ce phénomène serait crucial pour Istanbul si de futurs séismes démarraient à l’ouest de la ville.
Patricia Martínez Garzón, auteure principale, a précisé que ces résultats ne prédisent pas de calendrier : « Cela ne nous dit pas quand un grand séisme pourrait survenir », mais identifie les sections de faille sous tension croissante.
Le Centre Helmholtz GFZ rappelle que la section marmarienne de la faille nord-anatolienne n’a pas généré de séisme de magnitude 7 ou plus depuis 1766. Les archives régionales couvrant 2000 ans suggèrent un intervalle moyen de 250 ans entre les grands séismes.
D’autres études probabilistes estiment à 35% le risque d’un séisme ≥7.3 près d’Istanbul sur 30 ans, atteignant 47% dans les modèles intégrant le transfert de tensions post-séisme d’İzmit en 1999.
Le séisme d’İzmit de 1999 (magnitude 7.4 sur la faille nord-anatolienne) a officiellement fait 17 127 victimes.
Istanbul, plus grande ville de Turquie, comptait 15 701 602 habitants fin 2024 selon les données officielles.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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