Des adolescents de 15 à 18 ans accusés de tentative de meurtre et vol à main armée dans une affaire de gang à Istanbul
Le parquet d’Istanbul a engagé des poursuites contre 40 mineurs accusés d’avoir participé à des fusillades, extorsions et autres crimes liés à un réseau criminel que les autorités attribuent à Barış Boyun, un suspect turc détenu en Italie, a rapporté vendredi le service turc de la BBC.
L’unité des délits juvéniles du parquet d’Istanbul a préparé un acte d’accusation demandant des peines allant de 20 mois à plus de 75 ans de prison pour des suspects âgés de 15 à 18 ans.
Les mineurs sont accusés notamment de tentative de meurtre, vol à main armée, menaces avec arme à feu et appartenance à une organisation criminelle armée.
Dans une déclaration distincte sur l’affaire, le parquet a indiqué que l’enquête portait sur 32 incidents et impliquait 79 suspects, dont 23 en détention provisoire et 16 sous contrôle judiciaire.
L’acte d’accusation inclut également des charges comme dégradation de biens, violations de la loi turque sur les armes à feu, destruction ou dissimulation de preuves, importation ou vente illégale d’armes et munitions, falsification et mise en danger de la sécurité publique.
Cette affaire s’inscrit parmi plusieurs procès majeurs en Turquie visant des fusillades et extorsions de rue que les médias turcs décrivent comme une « nouvelle génération » de groupes criminels organisés utilisant les réseaux sociaux et recrutant des adolescents.
Les audiences pour les mineurs devraient commencer le 23 février 2026 au complexe judiciaire du centre pénitentiaire de Marmara à Silivri, en périphérie ouest d’Istanbul.
La Turquie utilise ce tribunal pour les procès impliquant un grand nombre d’accusés, y compris les affaires politiques et les poursuites pour criminalité organisée.
Les autorités turques présentent Boyun comme le chef d’un groupe criminel organisé, accusé d’avoir commandité des fusillades et autres attaques en Turquie et à l’étranger.
La police italienne a arrêté Boyun et 18 autres personnes lors d’une opération conjointe annoncée le 22 mai 2024.
La Turquie a déclaré que Boyun faisait l’objet d’un mandat rouge d’INTERPOL et que les arrestations résultaient d’une coopération entre polices turque et italienne.
Des mineurs décrits comme tireurs et guetteurs
Le parquet accuse le groupe de Boyun d’avoir utilisé des mineurs pour des tâches allant des attaques armées à la surveillance et la protection.
Ces mineurs proviennent de quartiers défavorisés d’Istanbul, le recrutement passant souvent par des offres d’argent, des menaces et des contacts via des plateformes comme Instagram, selon des médias turcs ayant consulté l’acte d’accusation.
Certains jeunes ont déclaré aux enquêteurs avoir accepté de l’argent pour tirer sur des commerces ou véhicules, d’autres avoir agi sous la menace contre eux ou leurs familles.
Parmi les mineurs inculpés figurent deux filles, et six sont des ressortissants étrangers originaires de Syrie et d’Azerbaïdjan.
Certains ont demandé des réductions de peine au titre du « repentir actif » prévu par la loi turque, pouvant atténuer les sanctions pour les suspects coopérant avec les enquêteurs.
Une affaire plus large visant des majeurs
Ce procès juvénile se déroule parallèlement à des poursuites contre des majeurs liés au même réseau présumé.
Un procès massif impliquant 305 accusés a débuté en février 2025 devant la 16e Cour criminelle d’Istanbul et se tient au tribunal du complexe pénitentiaire de Marmara en raison des besoins sécuritaires et de l’ampleur du dossier.
Par ailleurs, l’agence étatique Anadolu a rapporté qu’un tribunal a accepté un acte d’accusation de 1 121 pages visant 304 accusés, avec des audiences prévues du 23 février au 27 mars 2026 dans le même tribunal.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




