Le Canada et la Turquie ont officiellement lancé des négociations en vue d’un accord de libre-échange, a annoncé mardi le bureau du premier ministre canadien Mark Carney dans un communiqué, après une rencontre entre Carney et le président turc Recep Tayyip Erdoğan en marge d’un sommet de l’OTAN à Ankara.
Carney est arrivé à Ankara pour assister au sommet de l’OTAN des 7 et 8 juillet, organisé par la Turquie au complexe présidentiel, où les dirigeants des 32 pays alliés devaient débattre des dépenses de défense, du soutien à l’Ukraine, de la coopération dans l’industrie de défense et de l’unité de l’Alliance.
Les deux dirigeants ont annoncé l’ouverture de pourparlers en vue de ce que le communiqué a décrit comme un accord de libre-échange « complet, moderne et mutuellement bénéfique » entre les deux pays.
« Dans les mois à venir, les équipes techniques des deux pays entreprendront les travaux nécessaires pour définir la portée et l’ambition de l’accord et préparer le premier cycle de négociations », indique le communiqué.
Cette annonce fait suite à la rencontre, le 9 juin à Ankara, entre le ministre turc du Commerce, Ömer Bolat, et le ministre canadien du Commerce international, Maninder Sidhu, qui avaient convenu d’engager des discussions exploratoires en vue d’un accord de libre-échange.
Un communiqué ministériel conjoint indiquait alors que cette démarche traduisait la volonté des deux pays de « libérer tout le potentiel du partenariat commercial ».
La réunion de juin faisait suite à un entretien téléphonique entre Erdoğan et Carney, au cours duquel les deux parties avaient réaffirmé leur engagement à approfondir les liens commerciaux et d’investissement, selon le ministère turc du Commerce.
Les ministres ont également salué la récente extension d’un accord bilatéral de transport aérien, qui a accru les droits de vols tout-cargo hebdomadaires entre la Turquie et le Canada, estimant que des liaisons aériennes renforcées amélioreraient la connectivité et créeraient de nouvelles opportunités pour les voyageurs, les entreprises et les exportateurs.
L’énergie a été identifiée comme un autre domaine de coopération, les deux parties convenant d’explorer les opportunités dans les énergies renouvelables et nucléaires, notamment l’utilisation possible de la technologie canadienne CANDU pour soutenir les objectifs de diversification énergétique de la Turquie.
Le communiqué de juin indiquait également que les ministres avaient discuté d’une coopération renforcée dans l’aérospatiale, y compris des partenariats liés à la défense, à la sécurité et à la coopération industrielle.
Selon le bureau de Carney, un renforcement de la coopération économique soutiendrait la croissance et la création d’emplois, consoliderait les chaînes d’approvisionnement et aiderait les entreprises des deux pays à faire face à une économie mondiale en mutation.
La Turquie et le Canada sont tous deux membres de l’OTAN, mais leurs relations ont parfois été tendues par des questions de défense et de sécurité, notamment les restrictions canadiennes sur les exportations militaires vers la Turquie après les opérations militaires d’Ankara en Syrie et l’utilisation de technologies de drones fabriquées au Canada dans des conflits impliquant des drones turcs.
Le Canada a assoupli ses restrictions sur les exportations d’armes vers la Turquie en 2024, après qu’Ankara a ratifié l’adhésion de la Suède à l’OTAN, une mesure qui a contribué à ouvrir la voie à un renforcement des liens de défense et commerciaux entre les deux alliés.
Les échanges de marchandises entre la Turquie et le Canada se sont élevés à environ 3,1 milliards de dollars en 2024, selon Affaires mondiales Canada, qui gère les relations diplomatiques et consulaires du Canada, promeut le commerce international canadien et dirige l’aide au développement et l’assistance humanitaire du Canada.