Au moins 94 enfants travailleurs sont morts en Turquie cette année : rapport
Au moins 94 enfants sont morts en Turquie en 2025 alors qu’ils travaillaient, un chiffre record depuis 2013, a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant une nouvelle étude de l’Observatoire de la santé et de la sécurité au travail (İSİG).
Le groupe indique que ce bilan a augmenté d’environ 32 % par rapport à l’année précédente.
İSİG a signalé que les décès étaient concentrés dans les villes, contrairement aux années précédentes où les zones rurales enregistraient le plus de victimes. Par secteur, 31 enfants sont morts dans l’agriculture, 27 dans l’industrie, 16 dans le bâtiment et 20 dans les services, selon le rapport.
Par tranche d’âge, İSİG a constaté que 26 des victimes avaient moins de 14 ans, en dessous de l’âge légal de travail en Turquie, et 68 avaient entre 15 et 17 ans, beaucoup participant à des programmes professionnels publics ou à des stages scolaires.
L’ONG lie en partie cette tendance à l’expansion des Centres d’enseignement professionnel (MESEM), un programme public d’apprentissage qui place les élèves en entreprise quatre jours par semaine. İSİG estime que près de 505 000 élèves sont inscrits en MESEM et qualifie ce programme de « légitimation du travail bon marché ». Le groupe a documenté au moins 15 décès d’élèves liés au MESEM et sept autres lors de stages scolaires ces deux dernières années.
En Turquie, l’âge minimum pour un emploi régulier est fixé à 15 ans, bien que les enfants dès 14 ans puissent effectuer des « travaux légers » sous certaines conditions. Les programmes d’apprentissage comme le MESEM sont autorisés dès 14 ans. À l’inverse, les normes internationales de l’ONU et de l’OIT considèrent toute personne de moins de 18 ans comme un enfant et classent de nombreuses formes d’emploi avant cet âge comme du travail infantile, surtout si le travail est dangereux ou nuit à la scolarité.
Le député d’opposition Sezgin Tanrıkulu, membre du Parti républicain du peuple (CHP), a demandé lundi l’ouverture d’une enquête parlementaire sur le travail des enfants et leur mortalité en milieu professionnel. Selon lui, le problème ne peut s’expliquer uniquement par des choix familiaux ou des cas isolés de négligence.
Tanrıkulu affirme que le travail des enfants est devenu un problème structurel, alimenté par la pauvreté, l’emploi informel et le manque de contrôle public. Il estime que ces décès ne doivent pas être traités comme de simples accidents.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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