Au moins 852 enfants travailleurs sont morts au travail en Turquie depuis 2013
Au moins 852 enfants sont morts dans des accidents du travail en Turquie au cours des 13 dernières années, selon un rapport du Stockholm Center for Freedom citant de nouvelles données.
Les chiffres, compilés par l’Observatoire de la santé et de la sécurité au travail (İSİG), un groupe turc de défense des droits des travailleurs, mettent en lumière les préoccupations persistantes concernant le travail des enfants dans le pays, notamment dans l’agriculture, la construction et les petites industries.
Ces données, recueillies à partir de rapports médiatiques nationaux et de témoignages de familles, de collègues et de médias locaux, dressent un portrait sombre des conditions de travail des enfants en Turquie. Entre 2013 et avril 2026, le nombre annuel de décès d’enfants travailleurs a varié entre 54 et 94, avec 28 enfants signalés morts rien que durant les cinq premiers mois de cette année.
Sur les 852 décès recensés, 561 concernaient des enfants âgés de 15 à 17 ans. Cependant, 291 enfants avaient entre 5 et 14 ans, une tranche d’âge pourtant légalement interdite de travail. La plupart de ces jeunes enfants étaient employés de manière informelle dans des secteurs tels que l’agriculture saisonnière, la vente ambulante ou des ateliers textiles, alimentaires et du bâtiment.
La Turquie interdit officiellement l’emploi avant 15 ans, avec des exceptions limitées pour les travaux légers. Cependant, les groupes de défense affirment que des programmes comme les centres de formation professionnelle du ministère de l’Éducation (MESEM) facilitent le travail des enfants en plaçant des mineurs dans des environnements de travail avec un minimum de supervision.
Parmi les 15-17 ans, l’emploi se déplace progressivement des zones rurales vers les zones urbaines, en partie à cause des programmes de formation professionnelle publics que les critiques accusent de normaliser le travail des mineurs. Ces adolescents travaillent fréquemment de longues heures pour un salaire inférieur au minimum légal, souvent sans assurance ni protection syndicale.
Les causes fréquentes de décès incluent les accidents de la route, notamment parmi les enfants travaillant dans l’agriculture et transportés dans des véhicules surchargés et dangereux. Les noyades sont également courantes chez les jeunes travailleurs, qui utilisent souvent canaux d’irrigation et cours d’eau pour se laver ou boire en été. Dans l’industrie, les adolescents subissent fréquemment des chutes mortelles ou des écrasements. Les survivants gardent souvent des séquelles physiques majeures comme des amputations ou fractures.
Les enfants sont aussi vulnérables aux violences physiques et psychologiques, surtout ceux travaillant dans des environnements informels ou dans la rue. Les défenseurs signalent que ces abus sont devenus normalisés pour de nombreux enfants travailleurs.
Géographiquement, les décès se concentrent dans des provinces comme Şanlıurfa, Gaziantep, Konya, Istanbul, Samsun et Adana.
En Turquie, les défenseurs des droits des travailleurs réclament un renforcement des contrôles, une meilleure sécurité et des protections sociales élargies pour les familles vulnérables. Sans ces changements, préviennent-ils, le cycle de pauvreté et d’exploitation des enfants persistera.
Un rapport annuel de la Confédération syndicale internationale (CSI) sur les droits des travailleurs classe la Turquie parmi les 10 pires pays au monde pour les travailleurs industriels. Selon la CSI, basée à Bruxelles, les libertés et droits des travailleurs ont encore été restreints depuis les répressions policières des manifestations en 2025.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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