95 % des habitants d’Istanbul inquiets après les fusillades dans les écoles : sondage
Plus de 95 % des habitants d’Istanbul déclarent être inquiets face aux récentes attaques dans les écoles en Turquie, selon un sondage de l’Agence de Planification d’Istanbul, faisant suite à des fusillades successives dans les provinces de Kahramanmaraş et Şanlıurfa qui ont suscité une inquiétude nationale quant à la sécurité dans les établissements scolaires.
Ces préoccupations font suite à une fusillade le 15 avril dans une école de la province de Kahramanmaraş, dans le sud de la Turquie, où un élève de 14 ans a ouvert le feu, tuant neuf élèves âgés de 10 à 11 ans et un enseignant. Une fille de 11 ans, blessée lors de l’attaque, est décédée à l’hôpital plus de deux semaines plus tard, portant le bilan à 10 morts début mai. Le jeune agresseur est mort sur les lieux.
Les autorités ont indiqué que l’adolescent avait introduit cinq armes à feu dans l’école et qu’il était le fils d’un ancien inspecteur de police, arrêté par la suite.
La veille, dans un incident distinct dans la province du sud-est de Şanlıurfa, un ancien élève a ouvert le feu dans son ancien lycée, blessant 16 personnes, avant de se suicider lors de l’intervention des forces de l’ordre.
Ces résultats figurent dans l’édition d’avril du « Baromètre d’Istanbul », publié par l’Agence de Planification d’Istanbul (İPA), qui dépend de la Municipalité métropolitaine d’Istanbul.
Interrogés sur leur niveau d’inquiétude face aux récents incidents dans les écoles, 88,8 % des répondants ont déclaré être « très inquiets », tandis que 6,5 % se disaient « partiellement inquiets ». Seuls 4,7 % ont affirmé ne pas être inquiets.
Le sondage révèle que l’inquiétude est plus marquée chez les femmes que chez les hommes : 96,3 % des femmes se disent très inquiètes, contre 81,2 % des hommes.
L’enquête d’avril a identifié les attaques dans les écoles de Kahramanmaraş et Şanlıurfa comme le sujet le plus préoccupant de l’agenda public, l’İPA ouvrant une section dédiée pour mesurer les perceptions des habitants d’Istanbul en matière de sécurité et leurs attentes après ces événements.
Les répondants ont également été interrogés sur le rôle potentiel des réseaux sociaux et des contenus numériques dans le déclenchement de telles attaques. Au total, 57,6 % estiment que ces facteurs ont un « effet très important », tandis que 31,4 % jugent qu’ils ont une influence, mais ne constituent pas la cause principale. Huit pour cent affirment qu’ils n’ont aucun effet.
Concernant les causes de la violence en milieu scolaire, 63,2 % des répondants pointent un manque de communication au sein des familles. 39,3 % évoquent des problèmes structurels dans le système éducatif et l’absence de politiques adaptées, tandis que 36,1 % citent l’influence des réseaux sociaux et des contenus numériques nocifs.
Le sondage montre également que 20,6 % des personnes interrogées imputent ces actes à des mesures de sécurité insuffisantes dans les écoles, 14,1 % aux inégalités socioéconomiques, 11,5 % au harcèlement entre pairs et 7,4 % à un manque de soutien psychologique et de programmes de prévention pour les enfants.
Suite à ces attaques, la Turquie a renforcé la sécurité dans les écoles à l’échelle nationale. Des policiers ont été déployés devant les établissements scolaires, avec des équipes supplémentaires en alerte pendant les heures de cours.
Des contrôles d’accès plus stricts ont également été mis en place, incluant des vérifications d’identité et des rendez-vous obligatoires pour les parents, tandis que certains établissements ont interdit les téléphones portables, montres connectées et tablettes.
Les administrations scolaires ont instauré des règles internes supplémentaires. Dans certaines écoles, le port de l’uniforme est devenu obligatoire pour entrer, et les parents n’ont plus le droit d’attendre dans les cours de récréation.
Les retraits anticipés des élèves doivent être coordonnés avec la direction, et les objets extérieurs doivent être déposés aux points de contrôle de sécurité plutôt qu’emportés directement en classe.
Les attaques ont également entraîné une répression accrue des menaces en ligne. La Direction générale de la sécurité a annoncé le 17 avril que 411 personnes avaient été interpellées pour des publications liées aux attaques de Şanlıurfa et Kahramanmaraş, qualifiées par les autorités de trompeuses, menaçantes ou incitant à la haine.
La police a indiqué que 307 administrateurs de comptes avaient été identifiés, 1 866 adresses internet bloquées et 111 canaux Telegram associés à un groupe nommé « C31K » avaient été fermés.
Ces fusillades ont aussi provoqué des manifestations à l’échelle nationale parmi les enseignants, des milliers d’entre eux réclamant des mesures de sécurité renforcées et la démission du ministre de l’Éducation, Yusuf Tekin. Les manifestants ont dénoncé une dégradation de la sécurité dans les écoles malgré les avertissements et incidents violents précédents.




