60 personnes recherchées dans une opération anticorruption visant une municipalité d’opposition
Des procureurs d’une province centrale turque ont émis des mandats d’arrêt contre 60 suspects, dont 33 employés municipaux, dans le cadre d’une enquête anticorruption visant une municipalité de district dirigée par le principal parti d’opposition turc. Les forces de police ont perquisitionné les bureaux municipaux et des domiciles jeudi.
L’opération ciblait la municipalité de Tepebaşı, l’un des deux districts centraux de la province occidentale d’Eskişehir.
Tepebaşı est dirigée par Ahmet Ataç, maire issu du Parti républicain du peuple (CHP), principal formation d’opposition.
Les procureurs d’Eskişehir ont indiqué que l’enquête portait sur des allégations de détournement de fonds, falsification, évasion fiscale, blanchiment d’argent et abus de fonction.
Le parquet a précisé que le dossier s’appuyait sur des rapports de l’Agence turque d’investigation des crimes financiers (MASAK), de l’Inspection fiscale, des inspecteurs du ministère de l’Intérieur, des experts, des rapports de police, des relevés bancaires, des comptes d’actifs cryptographiques et des témoignages.
Les procureurs affirment que certains appels d’offres municipaux présentaient des irrégularités, notamment dans les achats de la Direction municipale de la culture, des arts et des affaires sociales.
Le parquet a annoncé la saisie des biens des suspects et des entreprises liées, sur la base des rapports du MASAK.
Les forces de police ont mené des perquisitions dans les bureaux municipaux ainsi qu’au domicile et sur le lieu de travail des suspects.
L’agence de presse publique Anadolu a rapporté que 23 suspects avaient été interpellés lors d’opérations centrées sur Eskişehir et étendues à Ankara et Adana.
Parmi les interpellés figurent un maire adjoint, identifié seulement par ses initiales S.Y., et la secrétaire particulière du maire Ataç, une certaine Ö.E., selon Anadolu.
Le maire Ataç participait à un symposium pendant les perquisitions et ne s’était pas exprimé sur l’enquête, a rapporté l’agence İhlas.
Cette opération s’inscrit dans une série d’enquêtes visant des municipalités contrôlées par le CHP depuis octobre 2024, quelques mois après la victoire du parti aux élections locales de mars 2024 face au Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdoğan.
La répression contre les municipalités du CHP s’est intensifiée après l’emprisonnement en mars 2025 du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, principal rival politique d’Erdoğan. Vingt-trois maires du CHP ont été emprisonnés depuis les élections de 2024, dont 20 sont toujours en détention et 25 destitués.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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