25 personnes arrêtées dans des enquêtes visant deux municipalités CHP à Istanbul et Izmir
Les points importants
- Arrestations massives : 25 personnes, dont un maire CHP, arrêtées à Istanbul et Izmir dans deux enquêtes distinctes.
- Contexte politique : Les opérations ciblent des municipalités CHP depuis leur victoire électorale de mars 2024 face à l'AKP.
- Controverse : Le CHP dénonce une instrumentalisation politique, tandis que le gouvernement rejette ces accusations et invoque l'indépendance judiciaire.
Des tribunaux turcs ont arrêté 25 personnes, dont un maire de district du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), dans le cadre de deux enquêtes distinctes visant des municipalités dirigées par le CHP à Istanbul et Izmir, a rapporté l’agence de presse DHA.
Dans la province occidentale d’Izmir, un tribunal a arrêté le maire de Seferihisar, İsmail Yetişkin, et 11 autres personnes dans le cadre d’une enquête menée par le parquet général de Seferihisar.
Yetişkin faisait partie des 17 personnes déférées devant le tribunal en vue de leur arrestation après leur détention la semaine dernière, suite à leurs dépositions devant les procureurs. Une personne a été déférée au tribunal sous le régime du contrôle judiciaire, tandis que deux autres ont été libérées par les procureurs.
Le tribunal a ensuite ordonné l’arrestation de 12 personnes, dont Yetişkin.
Dans une enquête distincte à Istanbul, un tribunal a arrêté 13 autres personnes dans le cadre d’une enquête sur la municipalité de Şile, dirigée par le CHP.
Quatre autres personnes ont été libérées sous contrôle judiciaire après avoir comparu devant le tribunal lundi soir, tandis qu’une personne supplémentaire recherchée dans le cadre de l’enquête a été placée en détention, selon DHA.
Le parquet général d’Anadolu à Istanbul enquête sur des allégations de constitution d’une organisation criminelle, d’extorsion, de corruption et de trucage d’appels d’offres.
Ces dernières arrestations font suite à une troisième série de raids policiers dans le cadre de l’enquête. La police a placé en détention 17 personnes lors d’opérations simultanées à Istanbul et Izmir vendredi, après que les procureurs ont émis des mandats de dépôt pour 18 suspects. Des perquisitions ont été menées dans 21 lieux.
Le parquet a indiqué que l’opération reposait sur des témoignages, dont certains recueillis en vertu d’une loi permettant aux suspects de bénéficier d’une peine réduite s’ils coopèrent avec les autorités, ainsi que sur des documents obtenus au cours de l’enquête.
Le maire de Şile, Özgür Kabadayı, et quatre responsables municipaux ont été arrêtés le 14 juillet 2025, dans le cadre de la première phase de l’enquête sur la municipalité. Kabadayı, qui avait été placé en détention le 10 juillet avec cinq autres personnes, reste en détention provisoire.
Une deuxième vague d’opérations visant la municipalité a été menée le 23 décembre 2025, après que les procureurs ont examiné les relevés téléphoniques et les rapports du Conseil d’enquête sur les crimes financiers (MASAK), l’agence d’État qui examine les transactions financières suspectes.
Quinze des 22 personnes placées en détention lors de cette opération ont été arrêtées, tandis que sept ont été libérées sous contrôle judiciaire.
L’enquête sur Şile s’inscrit dans le cadre d’opérations en cours visant les municipalités dirigées par le CHP depuis que le parti a battu le Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdoğan aux élections locales de mars 2024 et est devenu le premier parti de Turquie aux urnes pour la première fois depuis des décennies.
Plus de 30 maires du CHP ont été arrêtés, destitués ou remplacés par des administrateurs nommés par le gouvernement depuis les élections locales de mars 2024, selon un décompte de BBC Turkish la semaine dernière.
Des centaines de responsables municipaux ont également été placés en détention ou arrêtés dans le cadre d’enquêtes que les procureurs présentent comme impliquant la corruption, des liens avec le terrorisme ou d’autres allégations criminelles.
Le CHP affirme que ces affaires sont motivées politiquement et visent à affaiblir ses gouvernements locaux après les gains électoraux du parti.
Cette répression a notamment visé le maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, le plus puissant rival politique d’Erdoğan et candidat à la présidentielle du CHP, qui est emprisonné depuis mars 2025. Son arrestation a déclenché les plus grandes manifestations antigouvernementales en Turquie depuis des années.
Les responsables gouvernementaux nient que les enquêtes soient politiques et affirment que le pouvoir judiciaire agit de manière indépendante.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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