126 travailleurs morts dans des accidents du travail en Turquie en février : rapport de l’İSİG
Au moins 126 personnes sont décédées dans des accidents liés au travail à travers la Turquie en février, selon un nouveau rapport de l’Observatoire turc de la santé et de la sécurité au travail (İSİG), comme le rapporte le Stockholm Center for Freedom.
Le secteur de la construction a enregistré les pertes les plus lourdes avec 27 décès, représentant 22 % de l’ensemble des victimes. Vient ensuite le secteur des transports avec 17 %.
Le rapport, compilé à partir d’informations recueillies dans les médias nationaux et locaux, les syndicats et les familles des travailleurs, révèle que parmi les victimes figuraient trois femmes et six réfugiés ou migrants originaires d’Iran (2), de Syrie (2), d’Azerbaïdjan (1) et du Pakistan (1).
Les accidents de la route ont été la principale cause de décès, représentant 29 % de l’ensemble des victimes, suivis par les chutes de hauteur (15 %) et les écrasements (14 %), selon l’İSİG.
La province de Denizli a enregistré le plus grand nombre de décès avec neuf victimes, suivie par İstanbul (8) et Antalya (6).
L’İSİG a documenté 2 105 décès liés au travail en 2025, soit le total annuel le plus élevé depuis au moins une décennie, ce qui indique une détérioration plutôt qu’une amélioration des conditions de sécurité au travail en Turquie.
Les accidents du travail restent un problème chronique en Turquie, où le laxisme dans l’application des normes de santé et de sécurité au travail continue de coûter des vies.
La Turquie a progressé dans l’alignement de sa législation sur la santé et la sécurité au travail avec les normes de l’Union européenne après être devenue pays candidat à l’UE en 1999 et a également ratifié les conventions pertinentes de l’Organisation internationale du travail en 2005.
Cependant, la mise en œuvre et l’application de ces normes ont été bien moins efficaces. Ces dernières années, un afflux de migrants et une instabilité économique croissante ont encore sapé la sécurité au travail, alors que les investissements dans les mesures de sécurité diminuaient et que l’emploi informel augmentait.
Le piètre bilan de la Turquie en matière de droits des travailleurs a également été souligné sur la scène internationale. Un rapport annuel produit par la Confédération syndicale internationale (CSI) sur les droits des travailleurs révèle que la Turquie est l’un des 10 pires pays au monde pour les travailleurs des secteurs industriels.
Selon la CSI, basée à Bruxelles, les libertés et droits des travailleurs ont été encore plus restreints depuis les répressions policières des manifestations en Turquie en 2025, tandis que les grèves et les tentatives de syndicalisation étaient empêchées par les autorités.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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