11 suspects arrêtés à nouveau quelques heures après leur libération dans une enquête visant la municipalité d’Istanbul
Onze personnes libérées jeudi dans le cadre d’une enquête visant la municipalité métropolitaine d’Istanbul ont été replacées en garde à vue alors qu’elles quittaient la prison, suite à une objection à leur remise en liberté, rapporte l’agence Anka.
Dix-neuf des 21 détenus dans cette affaire, à l’exception de deux chauffeurs du maire emprisonné d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, avaient obtenu leur libération après révision de leur détention par un tribunal stambouliote.
Selon Gökhan Günaydın, vice-président du groupe parlementaire du Parti républicain du peuple (CHP), 11 des 19 ont été de nouveau arrêtés environ cinq heures après que les procureurs ont contesté la décision initiale du tribunal.
Ces personnes replacées en détention n’ont été inculpées d’aucun crime et ne figurent pas parmi les suspects dans un acte d’accusation dévoilé le mois dernier dans le cadre de l’enquête sur la municipalité d’Istanbul.
Elles sont détenues depuis des mois sans chef d’accusation.
İmamoğlu, principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan, et des dizaines de responsables municipaux avaient été arrêtés en mars dans le cadre de cette enquête.
L’acte d’accusation reproche au maire populaire d’avoir dirigé un vaste réseau criminel et commis 142 infractions, notamment direction d’une « organisation terroriste », corruption, détournement de fonds, blanchiment d’argent, extorsion et trucage d’appels d’offres.
Günaydın a dénoncé vendredi sur X la décision du tribunal, affirmant qu’elle montre un processus « déconnecté du droit et de la justice ».
Il a souligné que les suspects étaient détenus depuis des mois sans inculpation formelle ni acte d’accusation transmis au tribunal.
« C’est une violation flagrante des libertés individuelles », a-t-il déclaré, ajoutant que cette situation était « dévastatrice pour les détenus et leurs familles » mais aussi « profondément inquiétante pour la Turquie ».
Le CHP qualifie cette affaire de « purement politique », visant selon lui à éliminer le principal challenger d’Erdoğan avant la présidentielle de 2028.
İmamoğlu, désigné candidat du CHP le 23 mars – jour de son placement en détention provisoire –, a « catégoriquement rejeté toutes les accusations » dans ses dépositions.
Son arrestation en mars avait provoqué une vague d’indignation nationale et des manifestations massives, marquant la plus forte mobilisation depuis le mouvement du parc Gezi en 2013.




