Une cour kényane ordonne la libération inconditionnelle d’un réfugié turc recherché par Ankara
Une cour de la capitale kényane Nairobi a ordonné mardi la libération inconditionnelle du réfugié turc Mustafa Güngör, arrêté suite à une demande d’Ankara et menacé d’expulsion, a rapporté le Stockholm Center for Freedom.
Güngör avait été détenu en raison d’accusations des autorités turques le liant au mouvement Gülen à caractère religieux, malgré son statut officiel de réfugié enregistré au Kenya.
Dans un communiqué sur X, la section kényane d’Amnesty International a annoncé la décision judiciaire, précisant que Güngör avait été arrêté pour un ancien poste sur les réseaux sociaux, qualifiant cette affaire de « tentative évidente de répression transnationale ».
Mustafa Güngör’s unconditional release is a win for justice, but the fact that he was ever detained is a stain on our commitment to refugee protection. His arrest was never « right » it was a clear attempt at transnational repression triggered by foreign pressure over a years-old… pic.twitter.com/bJz19L4t73
— Amnesty Kenya (@AmnestyKenya) February 3, 2026
Le mouvement Gülen est un groupe à caractère religieux qu’Ankara cible dans une répression sans précédent depuis dix ans.
Inspiré par les enseignements du défunt religieux turc Fethullah Gülen, ce mouvement est reconnu mondialement pour ses contributions à l’éducation, à l’aide sociale et au dialogue interreligieux.
Le gouvernement turc a cependant qualifié le groupe d' »organisation terroriste » en mai 2016, une désignation non reconnue par les États-Unis, l’Union européenne ou les principales instances internationales.
Les autorités accusent le mouvement d’avoir orchestré un coup d’État avorté la même année, une allégation que le mouvement dément fermement.
Güngör avait été arrêté le 20 décembre, malgré son statut officiel de réfugié au Kenya. Son épouse, leurs deux filles et ses beaux-parents, tous détenus avec lui, avaient été libérés peu après, tandis qu’il restait en détention.
Il avait été libéré le 30 décembre sous caution personnelle, lui permettant de rester libre sans versement de caution pendant la procédure judiciaire. La décision de mardi a levé toutes les conditions restantes à sa libération.
L’affaire Güngör a ravivé les craintes de refoulement après le renvoi forcé de quatre ressortissants turcs du Kenya en 2024 malgré la protection du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Cette mesure avait suscité de vives critiques, y compris du secrétaire général de l’ONU António Guterres.
Depuis la tentative de coup d’État, la longue main d’Erdoğan s’est abattue sur des dizaines de milliers de citoyens turcs à l’étranger. Entre surveillance via les missions diplomatiques et les organisations diasporiques pro-gouvernementales, refus de services consulaires et intimidations voire enlèvements illégaux, le gouvernement turc déploie un large éventail de tactiques contre ses critiques à l’étranger.
Cette campagne s’appuie principalement sur des extraditions où la Turquie et son Organisation nationale du renseignement (MİT) persuadent d’autres États de livrer des individus sans procédure régulière. Les victimes de ces opérations ont rapporté de multiples violations des droits humains, dont arrestations arbitraires, tortures et mauvais traitements. Le MİT a reconnu avoir mené des opérations pour le retour forcé de plus de 100 personnes accusées de liens avec le mouvement Gülen.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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