Une baisse de 65 % des Turcs nouvellement enregistrés comme demandeurs de protection en Allemagne en 2025
Le nombre de ressortissants turcs nouvellement enregistrés comme demandeurs de protection en Allemagne a chuté de 65 % en 2025, passant de 11 000 en 2024 à 6 000, a rapporté mardi le service turc de Deutsche Welle, citant des données officielles.
Les chiffres, publiés par Destatis, l’Office fédéral allemand de la statistique, s’appuient sur le registre central des étrangers et concernent les personnes séjournant en Allemagne pour des raisons de droit international, humanitaires ou politiques.
Cette catégorie est plus large que celle des demandeurs d’asile et inclut les étrangers bénéficiant d’un statut de protection reconnu, les dossiers en attente ou les demandes rejetées mais autorisées à rester dans le pays.
La Turquie figure parmi les pays ayant enregistré les baisses les plus marquées des premières demandes de protection. La diminution proportionnelle la plus importante concerne les Syriens, dont le nombre a chuté de 73,8 %, passant de 36 000 en 2024 à 13 000 en 2025.
Le nombre d’Ukrainiens nouvellement enregistrés comme demandeurs de protection a également diminué, reculant de 32,5 %, de 93 000 en 2024 à 45 000 en 2025.
Globalement, le nombre de premières demandes de protection en Allemagne a baissé de 46,4 % en 2025, passant de 289 000 en 2024 à 155 000 en 2025, soit une diminution de 134 000 personnes.
Le nombre total de personnes enregistrées comme demandeurs de protection en Allemagne s’élevait à 3,23 millions fin 2025, en baisse de 68 000 (2,1 %) par rapport à fin 2024. Elles représentaient 3,9 % de la population allemande.
Les Ukrainiens restent le groupe le plus important, avec 1,16 million de demandeurs de protection fin 2025, suivis des Syriens (669 000) et des Afghans (321 000). Ensemble, les ressortissants de ces trois pays représentaient 66,5 % de l’ensemble des demandeurs de protection enregistrés en Allemagne.
Selon Destatis, 2,7 millions de demandeurs de protection (83,4 % du total) bénéficiaient d’un statut de protection reconnu fin 2025. Parmi eux, 88,1 % disposaient d’un permis de séjour temporaire, tandis que 11,9 % avaient un titre de séjour permanent.
Cette baisse intervient après plusieurs années où la migration turque vers l’Allemagne avait atteint des niveaux record. Entre 2022 et 2024, 112 000 citoyens turcs ont émigré en Allemagne, faisant de la Turquie le troisième pays d’origine des migrants sur cette période, après l’Ukraine et la Syrie, selon des chiffres antérieurs de Destatis.
L’Allemagne, qui accueille la plus grande diaspora turque d’Europe, reste une destination clé pour les Turcs fuyant les persécutions politiques ou cherchant de meilleures opportunités économiques.
Après le coup d’État avorté de 2016 en Turquie, des milliers d’universitaires, de journalistes, de fonctionnaires et autres ont demandé l’asile en Europe, notamment en Allemagne, face à la répression massive du gouvernement turc.
Cette baisse des nouvelles demandes de protection coïncide avec une augmentation des expulsions vers la Turquie. Selon la réponse du gouvernement allemand à une question parlementaire du parti d’opposition Die Linke, 1 087 personnes ont été expulsées vers la Turquie en 2024, contre 515 en 2022. Au premier trimestre 2025, la Turquie était à nouveau en tête des pays de destination, avec 502 des 6 151 expulsions depuis l’Allemagne.
La Frankfurter Allgemeine Zeitung a rapporté en septembre 2024 que l’Allemagne et la Turquie avaient conclu un accord pour l’expulsion progressive de plus de 13 500 citoyens turcs dont les demandes d’asile avaient été rejetées. Ankara a démenti cette information.
Les ressortissants turcs figuraient également parmi les principaux groupes d’étrangers sans titre de séjour valide ayant quitté volontairement l’Allemagne en 2025 via des programmes de retour aidés, selon des données officielles citées par les médias allemands.
Entre janvier et octobre, 3 589 Turcs sans titre de séjour valide sont retournés en Turquie via ces programmes soutenus financièrement. Au total, 30 406 personnes ont quitté volontairement l’Allemagne sur cette période, contre 19 538 expulsions.
De nombreux retours volontaires s’effectuent dans le cadre des programmes humanitaires REAG/GARP de l’Allemagne, qui aident les personnes choisissant de retourner dans leur pays d’origine ou de se réinstaller dans un pays tiers disposé à les accueillir. Ces programmes sont cofinancés par le gouvernement fédéral et les 16 Länder allemands.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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