Une ancienne joueuse de volley-ball turque parmi 18 interpellations dans une enquête antidrogue élargie
Les procureurs turcs ont interpellé mercredi 18 personnes, dont l’ancienne joueuse de volley-ball Derya Çayırgan, dans le cadre d’une enquête antidrogue menée par le parquet d’Istanbul, a rapporté l’agence de presse privée DHA.
Le parquet d’Istanbul a précisé dans un communiqué que l’opération avait été conduite par les brigades des stupéfiants et du crime organisé, sous la supervision du Bureau des délits financiers et du trafic de drogue.
Les interpellés sont accusés de trafic de stupéfiants, facilitation de consommation et proxénétisme, notamment pour avoir fourni des lieux dédiés à ces activités, selon le communiqué.
Les procureurs n’ont pas fourni de détails supplémentaires sur les accusations spécifiques pesant sur chaque suspect.
Çayırgan, 38 ans, a évolué en équipe nationale féminine de volley-ball. Elle avait annoncé sa retraite sportive dans un post sur les réseaux sociaux le 8 décembre dernier.
Selon des médias turcs, les interrogatoires ont porté sur ses liens avec le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu et des transferts financiers sur ses comptes.
Elle a expliqué aux procureurs avoir rencontré İmamoğlu dans un équipement municipal en 2023, conservant ensuite des contacts. Le maire lui aurait proposé d’intégrer l’équipe municipale de volley, offre qu’elle déclina.
İmamoğlu, principal rival politique du président Erdoğan, avait été emprisonné et destitué lors d’une enquête pour corruption visant la municipalité stambouliote.
Des observateurs dénoncent des motivations politiques visant à l’écarter de la course présidentielle face à Erdoğan.
Çayırgan a affirmé que les fonds sur ses comptes provenaient de ses économies personnelles, familiales et de paiements directs de clubs sportifs.
Par ailleurs, l’ancien footballeur international Ümit Karan a été interpellé mardi à l’aéroport Sabiha Gökçen d’Istanbul, selon les médias.
Début de semaine, six personnes dont l’acteur Oktay Kaynarca et la chanteuse Emel Müftüoğlu avaient également été appréhendées. Deux suspects ont été incarcérés, tandis que Kaynarca et Müftüoğlu ont été libérés sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire.
Ces interpellations s’inscrivent dans une série d’opérations antidrogue à Istanbul ciblant de plus en plus des personnalités des médias et du divertissement.
Les phases précédentes de l’enquête avaient conduit à des dizaines d’arrestations pour des charges similaires, certaines personnes ayant été relâchées après audition et prélèvements ADN.
Des critiques estiment que ces enquêtes visent à donner l’illusion d’une campagne antidrogue implacable, tout en ciblant des dealers de rue plutôt que les réseaux supposés de trafic à grande échelle.
Selon un rapport 2025 de la police turque, le pays n’est plus seulement une zone de transit pour les drogues, mais aussi un marché de consommation et de production, notamment de substances synthétiques. Istanbul concentrerait des dizaines de sites de production selon ce document.
La Turquie, carrefour des routes terrestres et maritimes entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe, serait de plus en plus utilisée pour la transformation et la fabrication de drogues.
Les décès liés aux drogues ont augmenté de 42% en 2024 (427 cas), les cannabinoïdes synthétiques et la méthamphétamine étant les substances les plus fréquemment détectées.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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