Une ancienne joueuse de volley-ball nationale placée en résidence surveillée dans le cadre de l’enquête sur la municipalité d’Istanbul
Une ancienne joueuse de l’équipe nationale turque de volley-ball a été placée en résidence surveillée et interdite de voyage à l’étranger dans le cadre d’une enquête en cours sur la municipalité métropolitaine d’Istanbul, qui a conduit à l’arrestation du maire populaire de la ville l’année dernière, selon l’agence de presse DHA.
Derya Çayırgan, 38 ans, a été placée en garde à vue jeudi matin dans le cadre de cette enquête avant d’être conduite au palais de justice d’Istanbul, où elle a été interrogée par des procureurs.
Elle a été déférée devant un tribunal pénal avec une demande de mesures de contrôle judiciaire pour des accusations de blanchiment d’argent.
Le tribunal a ordonné son placement en résidence surveillée et une interdiction de voyager, lui enjoignant de ne pas quitter son domicile.
Çayırgan a précédemment joué pour l’équipe nationale féminine de volley-ball de Turquie. Elle a annoncé sa retraite sportive dans un post sur les réseaux sociaux le 8 décembre dernier.
Selon une déclaration obtenue par la DHA, les procureurs ont interrogé Çayırgan sur ses relations avec le maire d’Istanbul emprisonné Ekrem İmamoğlu et des virements bancaires sur ses comptes.
İmamoğlu, figure majeure du Parti républicain du peuple (CHP, opposition) et candidat à la présidentielle de 2028, est en détention provisoire depuis mars 2025 pour des accusations incluant corruption et « espionnage politique ».
Son arrestation, survenue quelques heures après sa nomination officielle, a provoqué des protestations nationales et été largement dénoncée comme motivée politiquement.
Çayırgan a déclaré aux procureurs avoir rencontré İmamoğlu par hasard à Taksim (centre d’Istanbul) en 2020 ou 2021 pendant la pandémie de COVID-19. Elle affirme n’avoir échangé que des salutations et être restée en contact, İmamoğlu lui ayant proposé de jouer pour l’équipe municipale de volley – offre qu’elle a déclinée.
Elle nie tout lien avec plusieurs personnes citées par les procureurs, expliquant n’avoir eu de contact qu’avec un fonctionnaire municipal vers qui on l’avait orientée lorsqu’elle ne pouvait joindre le maire directement.
Concernant les fonds sur ses comptes, Çayırgan affirme qu’ils proviennent de ses économies personnelles, de sa famille, et de paiements en espèces reçus directement de clubs sportifs.
Interrogée sur les conclusions du Conseil d’enquête sur les crimes financiers (MASAK), elle explique que les transactions litigieuses viennent d’économies personnelles déposées en banque après 2021. Un dépôt de 50 000€ en juin 2023 servait selon elle à acheter un appartement, sans implication tierce.
Les procureurs turcs ont récemment lancé une série de poursuites contre des personnalités supposées proches d’İmamoğlu, principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan.
Les critiques dénoncent des opérations visant à intimider des figures publiques pour les dissuader de soutenir İmamoğlu par crainte de représailles judiciaires.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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