Un Turc arrêté avec des armes dans une affaire présumée de règlement de comptes entre gangs se suicide dans une prison italienne
Un Turc arrêté en Italie l’année dernière après que la police l’a trouvé, ainsi qu’un autre ressortissant turc, en possession d’armes automatiques – les deux hommes étant soupçonnés d’être venus dans la ville centrale de Viterbo pour assassiner le chef d’un gang stambouliote – s’est suicidé en prison, selon des médias italiens.
Abdullah Atik, 25 ans, a été retrouvé mort dans sa cellule jeudi à la prison Nicandro Izzo de Viterbo, au nord de Rome, d’après La Repubblica et Rai News. Les rapports italiens indiquent qu’il s’est suicidé par pendaison. Les autorités pénitentiaires n’ont pas immédiatement communiqué de détails sur les circonstances.
Atik était détenu depuis le 3 septembre 2025, date à laquelle la police l’avait arrêté avec Barış Kaya, 22 ans, dans une chambre d’hôtes à Viterbo. Selon les médias italiens, les officiers avaient saisi un pistolet-mitrailleur et des pistolets automatiques. Les arrestations ont eu lieu quelques heures avant la célébration annuelle de la Macchina di Santa Rosa, un événement qui attire des foules importantes.
Le festival est centré sur une procession nocturne durant laquelle une centaine de porteurs transportent une structure monumentale à travers les rues médiévales de la ville en l’honneur de Sainte Rose de Viterbo, figure catholique vénérée comme sainte patronne de la ville. L’événement fait depuis longtemps l’objet d’un important dispositif de sécurité en raison de l’affluence et du parcours étroit.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni avait salué l’intervention policière à l’époque des arrestations, affirmant qu’elle avait permis le bon déroulement des festivités. Les médias italiens ont précisé que le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani se trouvait à Viterbo pour le festival, ce qui avait accru les préoccupations sécuritaires. La police de Viterbo n’avait pas confirmé publiquement de motif à l’époque.
Les premières spéculations dans les médias italiens évoquaient la possibilité d’une attaque contre la fête, mais les enquêteurs ont ensuite écarté la piste terroriste. Ils se sont plutôt concentrés sur l’hypothèse que les armes étaient liées à un conflit entre groupes criminels turcs opérant en Europe.
Les enquêteurs italiens ont examiné si Atik et Kaya s’étaient rendus à Viterbo pour cibler une figure rivale, İsmail Atız, alias Hamuş, arrêté à Viterbo fin août 2025. Atik et Kaya seraient liés au gang stambouliote Daltonlar, tandis qu’Atız est considéré comme le chef du groupe rival Casperlar.
L’affaire de Viterbo a retenu l’attention car elle s’inscrit dans le cadre des efforts accrus des forces de l’ordre européennes contre les réseaux criminels turcs. Les autorités turques et la police européenne ont intensifié leur coopération ces derniers mois, notamment avec l’arrestation en mai 2024 du présumé chef criminel turc Barış Boyun, également dans la région de Viterbo, lors d’une opération conjointe impliquant les forces de l’ordre italiennes et INTERPOL.
La criminalité juvénile en Turquie a attiré l’attention ces derniers mois. Les autorités turques affirment que les gangs recrutent des mineurs, particulièrement dans les quartiers pauvres, en leur offrant de l’argent et un sentiment d’appartenance. De nombreux mineurs sont suspectés dans des enquêtes sur le crime organisé impliquant des groupes comme les Daltonlar et les Casperlar.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




