Un tribunal turc ordonne la libération sous conditions de 15 accusés dans le procès d’un rival d’Erdoğan
Un tribunal d’Istanbul a ordonné jeudi la libération sous conditions de 15 accusés dans un procès pour corruption impliquant le maire d’opposition emprisonné Ekrem İmamoğlu, principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan, selon la télévision publique turque TRT.
İmamoğlu, maire élu d’Istanbul et figure de proue du Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition, est détenu depuis plus d’un an.
Il est accusé d’avoir dirigé un réseau criminel et fait face à 142 chefs d’accusation. S’il est reconnu coupable sur tous les chefs d’accusation, il pourrait encourir jusqu’à 2 430 ans de prison.
TRT a indiqué que les 15 personnes libérées jeudi comprenaient plusieurs employés de la municipalité d’Istanbul et trois hommes d’affaires. L’un des hommes d’affaires n’a pas nié certaines des accusations portées par les procureurs, selon la télévision publique.
Dix-huit autres accusés, dont le chef de cabinet d’İmamoğlu, avaient déjà été libérés début avril dans le cadre d’une décision provisoire, bien que les charges retenues contre eux n’aient pas été abandonnées.
İmamoğlu est jugé depuis le 9 mars avec 413 coaccusés. Soixante-dix-sept accusés restent en détention provisoire.
Le président du barreau d’Istanbul, İbrahim Kaboğlu, a qualifié la procédure de « procès politique ».
Il a déclaré à l’Agence France-Presse que la détention provisoire des 77 accusés était pour la plupart « inconstitutionnelle ».
İmamoğlu et ses partisans accusent le gouvernement d’Erdoğan de chercher à l’empêcher de défier le président lors des prochaines élections, prévues en 2028.
© Agence France-Presse




