Un tribunal turc libère un journaliste emprisonné pour « fausse information »
Un tribunal turc a ordonné vendredi la libération du journaliste d’investigation İsmail Arı après 75 jours de détention provisoire pour diffusion de fausses informations.
Arı, reporter du quotidien de gauche BirGün, avait été arrêté en mars dans la province nord de Tokat avant d’être transféré à Ankara pour interrogatoire et placé en détention provisoire.
Un tribunal de la capitale turque a ordonné sa libération lors de l’ouverture de son procès vendredi, bien que les poursuites contre lui se poursuivent, a indiqué BirGün.
Il encourt jusqu’à huit ans de prison en cas de condamnation.
Arı a été interrogé sur des publications sur X et YouTube ainsi que des articles examinant le financement public d’un réseau de fondations liées à la famille du président Recep Tayyip Erdoğan, selon des groupes de défense des droits des médias.
S’adressant au tribunal, Arı a déclaré qu’il était puni pour son travail journalistique.
« J’exerce mon droit de pratiquer le journalisme dans ce pays », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par BirGün.
« J’ai été menacé à plusieurs reprises, mais j’ai continué à faire du journalisme pour le public », a-t-il ajouté, soulignant que le soutien populaire manifesté après son arrestation témoignait de la reconnaissance de son travail.
« Je pratique un journalisme propre et honnête, et c’est pourquoi j’ai été puni », a-t-il affirmé.
Erol Önderoğlu de Reporters sans frontières a salué la libération d’Arı mais a dénoncé l’utilisation de lois criminalisant la publication d’informations trompeuses pour faire pression sur les journalistes.
« Si la « loi sur la désinformation » continue d’être instrumentalisée par le pouvoir judiciaire comme un outil d’intimidation des journalistes, l’avenir du journalisme sera confronté à des incertitudes bien plus graves et flagrantes », a-t-il averti.
Fin février, un journaliste turc travaillant pour l’allemand Deutsche Welle avait été arrêté pour « insulte au président », une autre infraction fréquemment utilisée contre les médias en Turquie.
Reporters sans frontières classe la Turquie au 163e rang sur 180 pays dans son Indice mondial de la liberté de la presse.
© Agence France-Presse
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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