Un tribunal ordonne la détention provisoire de cinq personnes dans l’affaire du meurtre présumé du fils d’un général, des allégations d’étouffement pèsent
Un tribunal turc a ordonné la détention provisoire de cinq ouvriers du bâtiment huit ans après la mort du fils d’un général à la retraite, dont la famille affirme que l’affaire a d’abord été enregistrée comme un suicide avant d’être étouffée avec l’aide de personnalités politiquement influentes, rapporte le site d’information T24 ce samedi.
Les cinq hommes comparaissaient sans détention devant le 21e tribunal pénal supérieur d’İzmir pour homicide volontaire dans la mort de Dorukhan Büyükışık, 26 ans, dont le corps a été retrouvé sur un chantier du quartier de Narlıdere à İzmir le 13 mai 2018.
Les accusés sont les gardiens de nuit Hüseyin Kaya, Hulusi Aras, Tayfun Çakmakçı et Ali Gülbaşı, ainsi que l’opérateur d’engins de chantier Bilal Çelik. Ils travaillaient pour un projet immobilier de Tanyer İnşaat, selon l’acte d’accusation déposé en juin 2025.
Le tribunal a émis des mandats d’arrêt contre les cinq hommes après que les procureurs ont déclaré que de nouvelles preuves obtenues lors de la réouverture de l’enquête étayaient les accusations d’homicide volontaire, destruction, dissimulation ou déplacement de preuves criminelles et faux témoignage.
Les accusés ont été placés en garde à vue vendredi, présentés au tribunal, informés des mandats les concernant et interrogés avant d’être placés en détention provisoire.
Cette décision marque la première fois que des suspects impliqués dans la mort de Büyükışık sont placés en détention provisoire depuis le début de l’affaire il y a huit ans.
Ce développement intervient alors que la gendarmerie continue d’interroger des suspects arrêtés dans le cadre d’une opération distincte lancée suite à un réexamen du dossier soutenu par le ministère de la Justice. Le ministre Akın Gürlek a déclaré jeudi que 26 mandats de détention avaient été émis après que de nouvelles preuves, rapports d’experts, examens techniques, relevés d’appels et données réduites de localisation ont indiqué que des preuves avaient été falsifiées.
Gürlek a précisé que des opérations simultanées avaient été lancées dans neuf provinces depuis İzmir sous la coordination du Département des crimes non résolus du ministère de la Justice et du parquet général d’İzmir.
L’agence étatique Anadolu a rapporté jeudi que 21 suspects avaient été arrêtés dans le cadre de cette opération.
Le corps de Büyükışık a été retrouvé sur le chantier de Tanyer İnşaat, propriété de la famille Tanyer, que les médias turcs décrivent comme proche du gouvernement. Les autorités ont d’abord considéré la mort comme un suicide, mais le père de la victime, le général de division à la retraite Ethem Büyükışık, a contesté cette conclusion pendant des années.
Un acte d’accusation accepté en 2025 affirme que Büyükışık ne s’est pas suicidé mais a été battu à mort sur le chantier de Tanyer İnşaat. Les procureurs ont requis la perpétuité aggravée contre les cinq ouvriers pour meurtre.
L’affaire a également soulevé des questions sur la conduite des policiers chargés de la première enquête. Une procédure distincte contre huit officiers accusés d’abus de fonction a ensuite été fusionnée avec le procès pour meurtre des ouvriers du bâtiment.
Les accusations contre les policiers incluent notamment le défaut de sécurisation des images de surveillance, empreintes digitales, échantillons biologiques et mégots de cigarettes trouvés près du corps.
En avril, le 1er tribunal d’instance pénale d’İzmir a annulé une précédente décision de non-lieu concernant des membres de la famille Tanyer, d’autres suspects et des policiers, ouvrant la voie à une nouvelle enquête sur des accusations incluant meurtre et falsification de preuves.
Ce dossier fait partie des nombreuses affaires de morts non résolues ou contestées récemment relancées par le Département des crimes non résolus du ministère de la Justice. Gürlek a déclaré que l’unité a reçu des centaines de dossiers des tribunaux et fournit un soutien technique aux procureurs, tandis que certains commentateurs turcs voient dans la soudaine relance de ces vieilles affaires une manifestation des luttes de pouvoir au sein du Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdoğan.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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