Un tribunal d’Istanbul juge illégales les interdictions de manifestations après la détention d’İmamoğlu
Un tribunal d’Istanbul a statué que l’interdiction des manifestations et des déclarations à la presse imposée en mars après la détention du populaire maire Ekrem İmamoğlu était illégale, selon un communiqué du barreau d’Istanbul.
Le 3ème tribunal administratif d’Istanbul a annulé les restrictions en vigueur entre le 19 et le 23 mars, qui interdisaient les rassemblements publics, manifestations et points presse dans toute la ville.
Ces interdictions avaient été instaurées après qu’İmamoğlu, figure majeure du Parti républicain du peuple (CHP, opposition) et candidat à la présidentielle, ait été placé en détention provisoire du 19 au 23 mars dans ce que les critiques qualifient d’enquête pour corruption à motivation politique. İmamoğlu est largement perçu comme le principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan.
19–23 MART 2025 TARİHLİ TOPLANTI, GÖSTERİ VE BASIN AÇIKLAMASI YASAĞI İPTAL EDİLDİ.
İstanbul Barosu’nun açtığı dava sonucunda, 19–23 Mart 2025 tarihleri arasında İstanbul’u fiilen olağanüstü hâl koşullarına sürükleyen, kent yaşamını durma noktasına getiren toplantı, gösteri ve… pic.twitter.com/ClHeLanobI
— İstanbul Barosu (@istbarosu) December 16, 2025
Le tribunal a estimé que ces mesures équivalaient à une suspension générale et disproportionnée des droits fondamentaux, incompatible avec l’État de droit, a annoncé le barreau dans un communiqué sur X mardi.
La détention d’İmamoğlu avait déclenché d’importantes manifestations, des milliers de personnes s’étant rassemblées devant l’hôtel de ville d’Istanbul à Saraçhane à l’appel de l’opposition. Les protestations ont rapidement dégénéré en affrontements nocturnes avec les forces anti-émeutes et se sont étendues à plusieurs villes, marquant la plus grave crise sociale en Turquie depuis plus de dix ans.
Le tribunal a souligné que les interdictions générales appliquées à toute une province sans justification précise et impérieuse sont incompatibles avec les standards démocratiques.
Le barreau d’Istanbul a affirmé que ce jugement confirme l’illégalité des interpellations massives durant cette période, où des centaines de personnes avaient été placées en garde à vue.
Près de 2 000 manifestants avaient été interpellés, dont de nombreux étudiants et journalistes. Des dizaines ont été inculpés, certains restant en détention provisoire pendant des semaines voire des mois.
La plupart des accusés étaient poursuivis pour violation de la loi turque sur les rassemblements, un délit passible de six mois à trois ans de prison.
Fin novembre, un tribunal stambouliote a acquitté 87 manifestants, clôturant les procédures dans cette affaire.
Le barreau d’Istanbul a promis de continuer à surveiller les violations des droits fondamentaux et à engager des actions en justice contre les pratiques illégales de l’État.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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