Un tribunal d’Istanbul emprisonne 9 personnes pour propagande présumée en faveur du PKK lors des célébrations du Nevruz
Un tribunal d’Istanbul a ordonné mercredi la détention provisoire de neuf personnes accusées d’avoir diffusé de la propagande pour le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) lors des célébrations du Nevruz le 22 mars dans la ville, une nouvelle action judiciaire dans le cadre d’une répression plus large liée aux festivités kurdes du printemps cette année.
Les procureurs avaient déféré 38 détenus devant le tribunal après leur interrogatoire par la police, parmi lesquels 29 ont été libérés.
Cette affaire s’inscrit dans une vaste opération lancée par les autorités turques lors des événements du Nevruz à travers le pays. La police turque a arrêté 170 personnes dans des opérations liées aux célébrations de cette année, les autorités les accusant principalement de diffuser de la propagande en faveur du PKK pendant ou autour des rassemblements festifs, plutôt que de leur imputer des activités militantes directes.
La police a déclaré que 72 personnes avaient été interpellées entre le 17 et le 22 mars dans neuf provinces, tandis que 98 autres avaient été arrêtées le 24 mars dans six provinces.
Le Nevruz, fête du printemps célébrée au Moyen-Orient et en Asie centrale, revêt une signification politique dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde et dans les grandes villes occidentales abritant des populations kurdes. En Turquie, ces rassemblements annuels servent souvent à la fois de célébrations culturelles et de manifestations publiques de l’identité kurde, avec des foules brandissant parfois des banderoles ou scandant des slogans liés à Abdullah Öcalan, fondateur emprisonné du PKK.
Ces arrestations interviennent dans un contexte de relance de l’initiative de paix entre la Turquie et le PKK.
Le mois dernier, une commission parlementaire a approuvé une feuille de route appelant à des réformes juridiques parallèlement au dépôt des armes par le PKK et à la réintégration des militants, une mesure considérée comme l’une des avancées institutionnelles les plus claires depuis des années pour mettre fin à un conflit qui a fait plus de 40 000 morts depuis 1984. Le PKK est désigné comme une organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.
Les dirigeants politiques kurdes ont depuis exhorté le gouvernement à concrétiser cette feuille de route par des mesures juridiques tangibles. Lors des événements du Nevruz cette semaine, des responsables du Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM Parti) ont réclamé une «loi pour la paix», des pas plus larges vers la démocratisation et la libération d’Öcalan, affirmant qu’un règlement durable nécessiterait des garanties juridiques.
Cependant, les dernières interpellations et arrestations montrent que le gouvernement continue de réprimer l’expression politique kurde en la qualifiant de propagande terroriste.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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