Un maire d’arrondissement d’Istanbul parmi les 18 interpellés dans la répression ciblant le principal parti d’opposition
La police turque a interpellé Onursal Adıgüzel, maire de l’arrondissement Ataşehir à Istanbul, trois adjoints et 14 autres personnes lors d’une opération nocturne. Cette vague d’arrestations s’inscrit dans une répression croissante visant les municipalités dirigées par le Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition.
Les procureurs affirment que l’enquête porte sur des soupçons de corruption, de truquage d’appels d’offres et de constitution d’un groupe criminel lié aux procédures de permis de construire et d’occupation à Ataşehir, un arrondissement géré par le CHP sur la rive asiatique d’Istanbul.
Le procureur général d’Istanbul Anatolie a déclaré avoir ouvert l’enquête suite à des allégations selon lesquelles des responsables municipaux auraient accepté des pots-de-vin en échange de permis de construire et d’occupation. Les enquêteurs financiers ont examiné les relevés bancaires et les données téléphoniques, recueilli des témoignages avant de perquisitionner 45 lieux le 17 avril et de saisir du matériel numérique.
Adıgüzel a nié toute faute dans un message publié sur les réseaux sociaux, qualifiant ces accusations de politiques et les assimilant à une campagne de diffamation. Les responsables du CHP ont également dénoncé une opération politique, le porte-parole Zeynel Emre et le vice-président Burhanettin Bulut affirmant que ces interpellations visaient à saper la volonté des électeurs et des élus.
Cette opération s’inscrit dans une campagne judiciaire élargie contre les municipalités CHP après les bons résultats du parti aux élections locales de mars 2024.
Depuis le début des opérations en octobre 2024, 22 maires du CHP ont été arrêtés, dont deux libérés par la suite, tandis que 20 autres demeurent en détention.
La cible la plus emblématique de cette répression reste le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, considéré comme le principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan. Son procès pour corruption a débuté en mars 2026, près d’un an après son incarcération dans le cadre d’une affaire que lui et le CHP qualifient de motivée politiquement.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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