Un groupe turc de diplomatie économique et un entrepreneur participent à une conférence pour un appel d’offres du métro israélien
Le Conseil turc des relations économiques étrangères (DEİK) et au moins une entreprise turque d’infrastructure se sont rendus en Israël cette semaine pour assister à une conférence d’enchérisseurs pour le projet de métro de Tel Aviv, selon des médias israéliens, malgré les affirmations d’Ankara sur un embargo commercial en cours contre Israël.
Le site d’information israélien i24NEWS a rapporté mardi que des représentants du DEİK et de Simtay, une entreprise turque d’infrastructure, étaient en Israël pour une visite professionnelle organisée par NTA Metropolitan Mass Transit System Ltd., l’entreprise publique israélienne en charge du projet de métro. L’événement s’est tenu en coordination avec le ministère israélien des Transports et fait partie de l’étape de préqualification précédant un appel d’offres international.
Le rapport d’i24 a incorrectement identifié le DEİK comme une entreprise turque. Le DEİK est la principale organisation turque de diplomatie économique, opérant sous la supervision du ministère du Commerce. Il coordonne les relations économiques étrangères au nom du secteur privé turc et n’est pas lui-même une entreprise de construction.
Le rapport d’i24 a également incorrectement listé Akkord comme une entreprise turque, bien qu’elle soit azerbaïdjanaise. La confusion pourrait venir des liens d’Akkord avec la Turquie, notamment son directeur général Ayhan Keskinkılıç, un dirigeant turc du secteur de la construction également président du groupe de construction HAYAP, basé en Turquie.
Des documents de la NTA montrent qu’une conférence de trois jours à Tel Aviv du 23 au 25 février comprenait des visites de site, des présentations du projet et des réunions individuelles avec les potentiels soumissionnaires. Le processus concerne la première phase du réseau de métro, qui inclut 78 kilomètres de tunnels et 59 stations souterraines, pour un coût estimé à 65 milliards de shekels, soit environ 18 milliards de dollars aux taux de change actuels.
Le système de métro prévu devrait s’étendre sur environ 150 kilomètres et relier 24 municipalités de la région métropolitaine de Tel Aviv, connue en Israël sous le nom de Gush Dan. Les médias israéliens l’ont décrit comme l’un des plus grands projets d’infrastructure de l’histoire du pays.
La participation à une conférence d’enchérisseurs ne signifie pas nécessairement qu’une entreprise a soumis ou soumettra une offre formelle. L’étape de préqualification permet aux entreprises de démontrer leurs capacités techniques et financières avant d’être invitées à soumissionner pour des lots de construction spécifiques. Ni le DEİK ni les entités turques mentionnées dans le rapport d’i24NEWS n’ont confirmé publiquement leur participation, et la NTA n’a pas publié de liste officielle des participants.
Cette visite présumée intervient alors que le gouvernement du président Recep Tayyip Erdoğan maintient un arrêt complet des échanges commerciaux avec Israël en raison de la situation à Gaza. La campagne militaire israélienne à Gaza a commencé après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et a déclenché des répercussions politiques en Turquie, où Erdoğan se présente comme l’un des critiques les plus virulents d’Israël tout en faisant face à des pressions concernant les liens commerciaux qui ont persisté pendant des mois après le début de l’offensive israélienne.
Le ministère turc du Commerce a annoncé le 2 mai 2024 qu’il avait stoppé toutes les exportations et importations vers et depuis Israël, invoquant ce qu’il a qualifié de tragédie humanitaire aggravée dans les territoires palestiniens.
Malgré les déclarations d’embargo d’Ankara, des observateurs du commerce et des rapports médiatiques ont décrit comment les expéditions ont continué en changeant de routes.
Les chiffres de la base de données des statistiques du commerce international des Nations unies montraient auparavant que la Turquie était le cinquième fournisseur d’Israël en 2024, avec des exportations totalisant 2,86 milliards de dollars, malgré la position publique d’Ankara.
Depuis octobre 2023, des experts de l’ONU, des groupes de défense des droits et des tribunaux ont averti que le siège, les bombardements et les déplacements forcés de Palestiniens à Gaza par Israël correspondent à la définition de génocide.
Gaza reste en crise après la campagne militaire israélienne qui a suivi l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Les autorités sanitaires locales ont signalé plus de 71 000 morts à Gaza. Un cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre n’a pas mis fin aux frappes meurtrières d’Israël.
Un rapport de l’ONU en octobre a indiqué que la Turquie figurait parmi les pays ayant permis le génocide israélien, citant des données commerciales montrant des expéditions continues de pétrole et des transbordements depuis les ports turcs vers Israël via des intermédiaires malgré la suspension officielle des échanges.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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