Un chroniqueur pro-gouvernemental parmi quatre interpellés dans une enquête antidrogue en expansion
Les procureurs turcs ont interpellé quatre personnes supplémentaires dans le cadre d’une enquête antidrogue élargie visant des figures des secteurs médiatique et du divertissement, dont un chroniqueur du quotidien pro-gouvernemental Hürriyet, a rapporté mardi l’édition turque d’Euronews.
Ces interpellations s’inscrivent dans une enquête menée par le bureau du procureur général d’Istanbul, qui depuis octobre 2025 a conduit une série d’opérations sur des allégations incluant possession de stupéfiants pour usage personnel, facilitation de consommation de drogues, incitation ou médiation à la prostitution et fourniture de lieux ou d’opportunités pour des jeux d’argent, impliquant des célébrités et des personnalités des réseaux sociaux.
Parmi les interpellés figurent le chroniqueur de Hürriyet Mehmet Üstündağ et la personnalité des réseaux sociaux Bilal Hancı ainsi que les hommes d’affaires Abdullah Gençal et İbrahim Barut. Les procureurs ont également émis des mandats d’arrêt contre trois autres suspects, qui se trouvaient à l’étranger, selon Euronews.
La semaine dernière, la police avait déjà interpellé six personnes, dont l’acteur Oktay Kaynarca et la chanteuse Emel Müftüoğlu. Deux suspects ont été placés en détention provisoire, tandis que Kaynarca et Müftüoğlu ont été libérés sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire.
Lors d’une opération distincte le 15 janvier, les procureurs avaient interpellé 18 personnes, dont l’ancien footballeur international Ümit Karan, pour des charges telles que trafic de stupéfiants, facilitation de consommation de drogues et incitation ou médiation à la prostitution.
Ces dernières interpellations s’inscrivent dans une série plus large d’opérations antidrogue lancées à Istanbul ces derniers mois, impliquant de plus en plus de figures des secteurs télévisuel, musical et médiatique.
Les phases précédentes de l’enquête ont vu des dizaines de suspects interpellés ou arrêtés pour des charges similaires, certains étant ensuite libérés après avoir fourni des déclarations et des échantillons biologiques.
Les critiques affirment que ces enquêtes visent à créer l’impression que le gouvernement mène une campagne antidrogue sérieuse indépendamment des personnes impliquées, tout en se concentrant sur les dealers et usagers de rue plutôt que sur ceux soupçonnés d’être impliqués dans des trafics à grande échelle.
Selon un rapport de 2025 de la police turque, la Turquie a dépassé son rôle traditionnel de route de transit pour les drogues illégales et est devenue à la fois un marché de destination et un centre de production, particulièrement pour les substances synthétiques. Le rapport documente une forte augmentation des opérations liées à la drogue, avec des dizaines de sites découverts à Istanbul seulement.
La Turquie se situe sur des routes terrestres et maritimes majeures reliant l’Asie et le Moyen-Orient à l’Europe, et les officiels affirment que les trafiquants utilisent de plus en plus le pays non seulement pour transporter des drogues, mais aussi pour les transformer et les fabriquer.
Les décès liés à la drogue ont augmenté de 42% pour atteindre 427 en 2024, les cannabinoïdes synthétiques et la méthamphétamine étant les substances les plus fréquemment détectées dans les cas mortels, selon le rapport.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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