Un cadre municipal de l’opposition retrouvé ligoté et sauvagement battu après son enlèvement
Les points importants
- Enlèvement brutal : Erhan Karaal, cadre municipal, a été kidnappé devant son domicile et retrouvé ligoté dans un chantier abandonné.
- Contexte politique : Il est l’un des prévenus dans le procès visant le maire d’İstanbul, Ekrem İmamoğlu, principal rival du président Erdoğan.
- Enquête en cours : Huit suspects ont été arrêtés, mais les motivations restent floues, entre possible demande de rançon et intimidation politique.
Un cadre d’une entreprise appartenant à la municipalité d’İstanbul, dirigée par l’opposition, a été retrouvé vendredi les mains et les pieds liés dans un bâtiment inoccupé, après avoir été enlevé devant son domicile et sauvagement battu, selon son avocat.
Erhan Karaal, directeur général adjoint par intérim des affaires financières et administratives d’İstanbul Culture Inc., a été transporté à l’hôpital après que la police l’a localisé sur un chantier inactif dans le district de Tuzla, à İstanbul.
Son avocat, Tayfun Taşlıoğlu, a déclaré que Karaal avait été battu presque à mort, mais que son pronostic vital n’était pas engagé.
Taşlıoğlu a confié au service turc de la BBC que Karaal avait été retrouvé alors que ses ravisseurs s’apprêtaient à le tuer. En raison de ses blessures, Karaal n’a pas pu fournir immédiatement une déclaration détaillée aux enquêteurs, a précisé l’avocat.
Les procureurs ont annoncé que huit suspects avaient été placés en détention, sans les identifier ni révéler leurs motivations.
Les autorités n’ont pas non plus divulgué comment les enquêteurs ont retrouvé Karaal, ni le lien entre les suspects et la victime, ni si elles pensent que l’enlèvement est lié à ses fonctions municipales.
Karaal a été agressé devant son domicile dans le district de Maltepe, à İstanbul, vers 21 heures mercredi, alors que sa famille se préparait à aller se promener.
Son épouse, Ayşe Karaal, a raconté que deux hommes l’avaient frappé à la tête et l’avaient forcé à monter dans un véhicule, tandis qu’il appelait la police à l’aide.
L’une des filles du couple se trouvait à ses côtés, tandis qu’une autre a été témoin de l’enlèvement depuis une fenêtre.
Des images de caméras de sécurité montrent trois hommes maîtrisant Karaal et le forçant à monter dans un véhicule en attente.
Son épouse a indiqué que les autorités lui avaient dit que le véhicule portait une plaque d’immatriculation copiée sur une autre voiture de la même marque, du même modèle et de la même couleur. La police a retrouvé la voiture à laquelle appartenait la plaque authentique et a déterminé qu’elle n’avait pas été conduite depuis trois jours, a-t-elle précisé.
Le téléphone de Karaal a ensuite émis un signal depuis une zone dégagée du district de Kartal, à İstanbul.
La BBC a rapporté que les ravisseurs avaient appelé l’épouse de Karaal le lendemain, l’avaient menacée et avaient exigé une rançon.
Les procureurs n’ont pas précisé s’ils pensent que la rançon était le mobile ou si cette demande visait à dissimuler un autre objectif.
La disparition de Karaal avait suscité des inquiétudes car il est l’un des prévenus dans la procédure pénale visant le maire emprisonné d’İstanbul, Ekrem İmamoğlu, ainsi que plus de 400 responsables municipaux, employés et hommes d’affaires.
İmamoğlu, principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan, est accusé de diriger une organisation criminelle qui, selon les procureurs, aurait utilisé les marchés municipaux pour des pots-de-vin, des fraudes et des manipulations d’appels d’offres.
İmamoğlu et les autres prévenus nient ces accusations.
Le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), qui contrôle la municipalité d’İstanbul, affirme que cette procédure a été conçue pour écarter İmamoğlu de la vie politique et démanteler l’administration élue par les électeurs stambouliotes.
Son avocat a déclaré que Karaal restait hospitalisé tandis que l’enquête sur son enlèvement se poursuivait.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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