Un ancien chef de la police impliqué dans les enquêtes sur la corruption en 2013 arrêté pour des liens présumés avec le mouvement Gülen
Un tribunal turc a ordonné l’arrestation d’un ancien chef de la police d’Istanbul qui faisait partie de l’équipe ayant mené les enquêtes pour corruption en 2013, pour des liens présumés avec le mouvement Gülen, a rapporté le Stockholm Center for Freedom.
Hayati Başdağ, recherché suite à des mandats d’arrêt émis par plusieurs tribunaux d’Ankara et Istanbul pour diverses accusations dont l’appartenance à une organisation terroriste, a été arrêté dans le district de Fatih à Istanbul.
Il est accusé d’avoir mené des activités liées au mouvement Gülen, sur la base de témoignages et de son utilisation de ByLock, une application de messagerie cryptée autrefois disponible sur l’App Store d’Apple et Google Play, que les autorités turques présentent comme un outil de communication secret pour les sympathisants du mouvement Gülen.
Başdağ figurait parmi les 143 policiers arrêtés après les enquêtes pour corruption de décembre 2013. Sa photo lors de son arrestation en juillet 2014 est devenue un symbole de ce que les critiques qualifient de persécution politique des officiers à l’origine des enquêtes. Il a ensuite été radié de la police nationale par un décret-loi après la tentative de coup d’État de juillet 2016.
Libéré en 2020 pendant la procédure, il a été condamné à de la prison en avril 2022 mais a fui les autorités jusqu’à sa récente arrestation.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le religieux musulman Fethullah Gülen, depuis que les enquêtes de décembre 2013 l’ont impliqué ainsi que son entourage. Il a qualifié ces enquêtes de « complot güleniste » avant de désigner le mouvement comme une « organisation terroriste » en mai 2016, intensifiant la répression après le putsch de juillet 2016 qu’il attribue à Gülen. Le mouvement nie toute implication dans cette tentative de coup d’État ou toute activité terroriste.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour des liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 encore emprisonnées. Près de 24 000 dossiers sont en cours, tandis que 58 000 autres font l’objet d’enquêtes actives près de dix ans plus tard.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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