Saisie des biens d’un roi du pari illégal alors que les procureurs lancent une procédure d’extradition
Les procureurs turcs ont saisi l’intégralité du portefeuille d’actifs du roi des paris illégaux Veysel Şahin, y compris ses entreprises, comptes bancaires et cryptomonnaies, alors que les autorités ont également initié des démarches pour son extradition vers la Turquie depuis un pays non nommé.
Dans un communiqué vendredi, le procureur de la République d’Istanbul a annoncé avoir ordonné la saisie de tous les biens meubles et immeubles appartenant à Şahin, ainsi que ses participations dans des sociétés, ses dépôts bancaires, comptes d’investissement et actifs détenus sur des plateformes de cryptomonnaies.
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’une enquête sur des violations présumées de la loi turque contre les jeux d’argent et le blanchiment d’argent, ont précisé les procureurs. L’enquête se concentre sur le rôle présumé de Şahin dans l’exploitation de plateformes de paris illégales et le soutien infrastructurel à ces systèmes.
Les analyses de l’Unité d’enquête sur les crimes financiers (MASAK) auraient révélé que Şahin aurait généré des profits illicites via ces activités, selon le parquet.
Pour empêcher le blanchiment et la dissimulation des produits du crime, les procureurs ont ordonné la saisie des actifs présumés acquis via des paris illégaux. Cette décision a été validée par un tribunal pénal de paix.
Le parquet a également indiqué que des actifs en cryptomonnaie d’une valeur d’environ 460 millions d’euros, détenus sur des comptes liés à Şahin auprès de sociétés internationales, avaient été gelés par ces dernières.
Par ailleurs, les autorités ont confirmé le lancement de procédures d’extradition pour obtenir le retour de Şahin en Turquie.
Şahin avait été arrêté en 2017 et condamné à 10 ans et demi de prison. Son arrestation intervint après un voyage depuis Chypre du Nord pour rendre visite à son père dans la province de Sivas, alors qu’il s’apprêtait à repartir en jet privé.
Il bénéficia de décisions controversées de libération en 2018 et mars 2023, toutes deux annulées par la suite. Şahin a finalement purgé sa peine et été libéré le 14 avril 2023.
Moins d’un mois plus tard, il était condamné dans une affaire distincte pour violation de la loi sur les jeux d’argent, constitution d’une organisation criminelle et blanchiment. La peine totale excédait 21 ans de prison, avec une amende de 1,66 million de livres turques (38 000 $).
Şahin resta libre dans l’attente de son appel avant de fuir à l’étranger.
Répression élargie contre les paris illégaux
Cette saisie s’inscrit dans une vaste opération contre les réseaux de jeux illégaux en Turquie, alors que les autorités intensifient leur lutte contre les plateformes en ligne et leurs soutiens financiers.
Ces derniers mois, les procureurs ont ciblé les systèmes de paiement, institutions de monnaie électronique et canaux de cryptomonnaie accusés de faciliter les transactions illégales, tandis que les régulateurs ont suspendu ou révoqué des licences d’entreprises liées au blanchiment.
Les jeux d’argent restent strictement réglementés en Turquie. Les casinos y sont interdits depuis 1998, et les paris en ligne non-étatiques depuis 2006 – seuls les services publics de loterie restant légaux.
Les autorités turques estiment que ces activités alimentent les addictions et drainent des milliards de livres hors de l’économie.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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