Plus de 2 000 travailleurs morts dans des accidents du travail en Turquie en 2025 : İSİG
La Turquie a enregistré au moins 2 105 décès dans des accidents du travail en 2025, selon le Stockholm Center for Freedom, citant un récent rapport de l’Observatoire pour la santé et la sécurité au travail (İSİG).
Ce chiffre marque une augmentation de 11 % par rapport à 2024, où 1 897 travailleurs avaient péri, et constitue le total annuel le plus élevé depuis au moins une décennie, selon le groupe.
La majorité des accidents mortels ont eu lieu dans le secteur de la construction, représentant 23 % du total, suivi par les transports avec 13 % et l’agriculture avec 11 %.
Istanbul arrive en tête des provinces pour le nombre d’accidents du travail.
L’İSİG a indiqué que les victimes de 2025 comprenaient 94 mineurs, dont 26 avaient moins de 14 ans, ainsi que 91 travailleurs migrants. Le nombre de décès de mineurs est le plus élevé jamais enregistré depuis que le groupe collecte des données en 2010.
La cause de décès la plus fréquente reste les accidents de la route, représentant 22 % des morts au travail, suivis par les écrasements (18 %) et les chutes de hauteur (17 %).
Les accidents du travail demeurent un problème chronique en Turquie, où le laxisme dans l’application des normes de santé et sécurité continue de coûter des vies.
La Turquie avait progressé dans l’alignement de sa législation sur les standards européens après son statut de pays candidat à l’UE en 1999, ratifiant également les conventions pertinentes de l’Organisation internationale du travail en 2005. Cependant, la mise en œuvre effective de ces normes reste insuffisante. Ces dernières années, l’afflux de migrants et l’instabilité économique croissante ont encore fragilisé la sécurité au travail, avec une baisse des investissements dans les mesures de prévention et une hausse de l’emploi informel.
Selon les données de l’İSİG, près de 35 000 travailleurs sont morts dans des accidents du travail depuis l’arrivée au pouvoir du Parti de la justice et du développement (AKP) en novembre 2002.
Le bilan médiocre de la Turquie en matière de droits des travailleurs est également pointé au niveau international. Un rapport annuel de la Confédération syndicale internationale (CSI) classe régulièrement la Turquie parmi les 10 pires pays au monde pour les travailleurs industriels. Selon la CSI basée à Bruxelles, les libertés syndicales se sont encore détériorées après la répression policière des manifestations en 2025, tandis que les grèves et les tentatives de syndicalisation étaient entravées par les autorités.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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