Neuf personnes incarcérées dans une enquête sur les stupéfiants visant des célébrités à Istanbul
Un tribunal turc a placé neuf suspects en détention provisoire dans le cadre d’une enquête sur les stupéfiants visant des personnalités publiques à Istanbul, tandis que plusieurs célébrités, dont l’actrice Beren Saat et le chanteur Kenan Doğulu, ont été libérées sous contrôle judiciaire, selon les médias turcs.
Les suspects avaient été interpellés jeudi lors d’une opération menée par la police d’Istanbul, dans le cadre d’une enquête dirigée par le parquet général d’Istanbul.
Avant leur comparution, ils ont été conduits au Conseil de médecine légale, où des prélèvements sanguins et capillaires ont été effectués.
Parmi les personnes interpellées figuraient également la chanteuse Ayşe Hatun Önal, l’influenceur Kerimcan Durmaz, le chanteur Berdan Mardini, le musicien Ozan Doğulu, le chanteur Yaşar İpek, le mannequin portugais Tessy Ramos Correira, l’acteur Enis Arıkan, l’animatrice Selin Ciğerci et Oğuzhan Beker, fils du député CHP d’Ankara Adnan Beker.
Après leur audition au tribunal, neuf suspects ont été incarcérés dans l’attente de leur procès, tandis que les autres ont été libérés sous contrôle judiciaire.
L’enquête porte sur des allégations de consommation de drogues et de facilitation de leur usage, selon les médias turcs. Aucune accusation détaillée n’a été rendue publique contre les individus concernés.
Les rapports divergent quant au nombre total d’interpellations et de décisions judiciaires dans cette affaire.
Si les premiers comptes-rendus évoquaient 23 interpellations, des sources ultérieures ont indiqué que les tribunaux avaient ordonné neuf placements en détention et des mesures de contrôle judiciaire pour 16 autres personnes. Une liste officielle détaillée des décisions judiciaires n’a pas encore été communiquée.
Cette opération constitue la dernière phase d’une vaste enquête sur les stupéfiants ciblant les célébrités, lancée en octobre et étendue depuis à des acteurs, musiciens, journalistes, présentateurs télé et influenceurs.
Lors d’une phase précédente en mai, le parquet turc avait ordonné l’interpellation de 25 personnalités publiques.
Le parquet général de Bakırköy avait alors justifié cette opération par des dénonciations, des preuves numériques et d’autres éléments ayant conduit à soupçonner raisonnablement que certains suspects consommaient des substances stupéfiantes ou stimulantes.
Parmi les noms cités en mai figuraient le chanteur Mabel Matiz, l’acteur Onur Tuna, l’actrice Feyza Civelek, le chanteur Berkay Şahin, l’actrice Serenay Sarıkaya et le journaliste Mirgün Cabas. Plusieurs suspects avaient subi des analyses médico-légales (sang, cheveux, urine), certains ayant été libérés par la suite.
L’affaire suscite un intense battage médiatique en Turquie en raison de la notoriété des personnes impliquées. Des critiques soulignent que les enquêtes sur les drogues visant des personnalités font l’objet d’une large publicité, tandis que les autorités sont interrogées sur leur efficacité à démanteler les grands réseaux de trafic.
Cette enquête relance également le débat sur la problématique globale des stupéfiants en Turquie.
Selon un rapport 2025 de la police turque, le pays a dépassé son rôle traditionnel de voie de transit pour les drogues illicites pour devenir à la fois un marché de consommation et un centre de production, notamment pour les substances synthétiques. Le document fait état d’une forte augmentation des opérations antidrogue, avec des dizaines de laboratoires démantelés rien qu’à Istanbul.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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