L’opposition turque dénonce un projet de privatisation des ponts d’İstanbul qui coûterait 48 milliards de dollars au public
Le principal parti d’opposition turc affirme que le projet gouvernemental de privatiser deux ponts sur le Bosphore et sept autoroutes publiques pour 25 ans équivaudrait à une manœuvre pré-électorale de levée de fonds, pouvant coûter au moins 48 milliards de dollars aux contribuables.
Deniz Yavuzyılmaz, vice-présidente du Parti républicain du peuple (CHP), a déclaré que les droits d’exploitation du pont des Martyrs du 15 Juillet et du pont Fatih Sultan Mehmet, ainsi que de sept autoroutes appartenant à la Direction générale des routes (KGM), étaient en cours de préparation pour être transférés à des entreprises privées.
Citant le Programme de performance 2026 de la KGM, Yavuzyılmaz a indiqué que ces deux ponts et sept autoroutes avaient généré un bénéfice public net de 600 millions de dollars en 2025. Sur 25 ans, cela représenterait environ 15 milliards de dollars de revenus pour l’État.
İşte AKP’nin sinsi özelleştirme planı
Yerlilik ve millilik nutukları atan AKP;
Kamuya ait 2 Boğaz Köprüsü ve 7 Otoyolun, 25 yıllığına özelleştirilmesi işinin fizibilitesini Kanadalı bir şirkete, finansman çalışmasını da İngiliz bir şirkete yaptırıyor.
Karayolları Genel…
— Deniz Yavuzyılmaz (@yavuzyilmazd) February 10, 2026
Elle a affirmé qu’avec la privatisation, ces actifs seraient cédés en dessous de leur potentiel de revenus à long terme et que les entreprises augmenteraient progressivement les péages, engrangeant ainsi 33 milliards de dollars supplémentaires. « Au final, ce sont au moins 48 milliards de dollars qui seront transférés des poches des citoyens vers ces entreprises sur 25 ans », a-t-elle écrit dans un post sur X.
Ces déclarations font suite à un rapport de Bloomberg la semaine dernière révélant que la Turquie avait engagé le cabinet de conseil londonien EY (ex-Ernst & Young) pour conseiller sur la vente des droits d’exploitation des deux ponts et d’un réseau plus large d’autoroutes à péage. Selon des sources anonymes, le groupe canadien BTY aurait été nommé conseiller technique.
Selon Yavuzyılmaz, les entreprises retenues financeraient l’opération avec 80% de prêts étrangers et 20% de fonds propres, garantis par des engagements de reprise de dette du Trésor public.
Elle a souligné que même si un futur gouvernement annulait la privatisation, le Trésor resterait redevable de ces prêts, exposant ainsi les actifs publics aux créanciers étrangers.
La Turquie avait déjà tenté de privatiser ces ponts et autoroutes. Un appel d’offres en 2012 couvrant les deux ponts et environ 2000 km de routes avait abouti à une offre gagnante de 5,7 milliards de dollars, avant d’échouer après que le président Recep Tayyip Erdoğan, alors Premier ministre, eut qualifié de « trahison » toute vente en dessous de 7 milliards de dollars.
Ces deux ponts figurent parmi les axes de transport les plus fréquentés du pays. Le ministre des Transports Abdulkadir Uraloğlu a indiqué en juillet qu’environ 430 000 véhicules les traversaient quotidiennement. Au tarif actuel, une voiture particulière standard paie un péage de 59 livres turques (environ 1,36 dollar) par passage.
EY, l’un des quatre plus grands cabinets comptables et de conseil au monde, a déjà travaillé sur des projets de ponts, autoroutes et hôpitaux en Turquie, selon les informations publiées sur son site web.


Kamuya ait 2 Boğaz Köprüsü ve 7 Otoyolun, 25 yıllığına özelleştirilmesi işinin fizibilitesini Kanadalı bir şirkete, finansman çalışmasını da İngiliz bir şirkete yaptırıyor.


