L’ex-directrice de la Banque centrale turque Erkan rejoint le canadien Fairfax après un mandat tumultueux
Hafize Gaye Erkan, ancienne gouverneure de la Banque centrale de Turquie, a rejoint le holding financier et d’assurance canadien Fairfax Financial Holdings après avoir quitté son poste à Ankara suite à un mandat bref et controversé.
Selon Bloomberg, le PDG de Fairfax Prem Watsa a indiqué dans sa lettre annuelle aux investisseurs datée du 7 mars qu’Erkan avait rejoint l’entreprise fin 2025 en tant que présidente des investissements bancaires et fintech.
Dans ce nouveau rôle, Erkan supervisera les opérations bancaires de Fairfax et contribuera au développement des investissements de l’entreprise dans les secteurs fintech et insurtech.
« Elle possède une vaste connaissance du secteur bancaire grâce à des postes de direction chez Goldman Sachs & Co, en tant que co-PDG et présidente de First Republic Bank et plus récemment comme gouverneure de la Banque centrale de Turquie. Hafize supervisera initialement nos opérations bancaires et aidera à développer des opportunités dans le domaine de l’insurtech. Un grand bienvenue à Hafize », indique la lettre.
Cette nomination marque son retour dans la finance internationale après une période mouvementée à la tête de la Banque centrale turque.
Un mandat de huit mois à la Banque centrale
Erkan avait été nommée gouverneure de la Banque centrale en juin 2023, devenant ainsi la première femme à diriger l’institution. Son mandat n’a cependant duré qu’un an.
Elle a occupé ce poste du 9 juin 2023 au 2 février 2024, démissionnant après environ huit mois.
Selon une réglementation introduite en 2021, les hauts fonctionnaires licenciés d’institutions comme la Banque centrale et l’Agence de réglementation et de surveillance bancaires (BDDK) continuent de percevoir le même salaire que leurs homologues en poste pendant deux ans. Ainsi, Erkan aurait continué à percevoir son salaire jusqu’au mois dernier.
Durant son passage à la banque, les décisions de politique économique comme les controverses internes ont maintenu l’institution sous les projecteurs.
L’une de ses déclarations les plus discutées est survenue lors d’une interview en décembre 2023 où elle expliquait avoir eu du mal à trouver un logement abordable à Istanbul en raison de la flambée des loyers, l’obligeant à vivre temporairement chez ses parents.
Ces commentaires ont suscité une large attention et sont devenus un sujet de débat sur la crise du coût de la vie et l’inflation galopante en Turquie.
Allégations d’influence familiale
Une nouvelle controverse a émergé en janvier 2024 lorsque d’anciens employés ont affirmé que le père d’Erkan s’était immiscé dans les opérations internes de la Banque centrale et avait exercé une influence sur le personnel.
Parmi ces allégations figurait le fait qu’il aurait confronté un employé de la banque.
Ces accusations ont été largement relayées dans les médias turcs mais n’ont pas fait l’objet d’une enquête officielle.
Erdoğan a rejeté ces allégations
Le président Recep Tayyip Erdoğan avait publiquement défendu Erkan à l’époque, qualifiant les rapports suggérant une ingérence familiale dans les opérations de la Banque centrale de « rumeurs invraisemblables ».
Malgré le soutien d’Erdoğan, la controverse a accru la pression sur la direction de la Banque centrale.
Le 2 février 2024, Erkan a annoncé avoir demandé à être relevée de ses fonctions, affirmant qu’elle et sa famille avaient été victimes d’une « campagne d’assassinat de caractère ».
Sa démission a pris effet le lendemain par décret présidentiel.
Après avoir quitté la Banque centrale, Erkan est restée largement hors de la vue publique pendant plusieurs mois.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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