Les tresses des femmes kurdes deviennent un symbole de protestation après une vidéo virale de Raqqa
Une courte vidéo circulant en ligne depuis la ville syrienne de Raqqa a déclenché une vague de publications de protestation alors que des femmes en Turquie et dans les communautés kurdes ont commencé à partager des vidéos d’elles-mêmes se tressant les cheveux pour dénoncer ce qu’elles qualifient d’acte d’humiliation envers une femme liée aux Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes.
On voit dans la vidéo un homme brandir une tresse et dire à la personne qui filme qu’il l’a coupée à une femme qu’il identifie comme affiliée aux FDS. La personne qui filme demande pourquoi il a fait cela et l’homme répond : « Elle est déjà partie, que pourra-t-elle faire ? »
A Syrian armed man holding what he claims is the braid of a Kurdish female fighter, saying it was taken from Raqqa. The footage has sparked outrage and renewed concern over abuses and dehumanization in the conflict.
pic.twitter.com/fmkzBdAoL9— Diyar Kurda (@diyarkurda) January 21, 2026
La vidéo a provoqué une indignation généralisée et une tendance rapide sur les réseaux sociaux centrée sur le fait de se tresser les cheveux comme signe de solidarité.
Plusieurs députés du Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM Partisi), le principal parti pro-kurde de Turquie, ont rejoint la campagne en publiant des vidéos d’eux-mêmes se tressant les cheveux.
Parmi eux figuraient la vice-présidente du Parlement Pervin Buldan, la députée Meral Danış Beştaş et la porte-parole du parti Ayşegül Doğan. L’actrice Belçim Bilgin a également posté une vidéo participant à ce mouvement.
Les partisans de la campagne affirment qu’il s’agit de l’identité et de la dignité des femmes kurdes, y compris celles qui ont servi dans les forces kurdes combattant le groupe État islamique. L’agence de presse kurde Hawar a déclaré que la colère s’est propagée sous des slogans tels que « À la place d’une tresse, des millions pousseront », qualifiant cet acte d’attaque contre les combattantes et le présentant comme une forme de prise de trophée.
L’identité de la femme dans la vidéo et les circonstances exactes de l’incident n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante. Les médias kurdes ont accusé les forces syriennes du crime présumé dans la vidéo.
Le gouvernement syrien a cherché à étendre son contrôle sur des zones longtemps administrées par les FDS, le principal partenaire local de Washington dans la lutte contre le groupe État islamique. La semaine dernière, les forces gouvernementales syriennes ont pris le contrôle de sites de détention clés près de Raqqa où sont détenus des prisonniers liés à l’État islamique dans le cadre d’accords liés à un processus d’intégration plus large.
Raqqa, autrefois capitale de facto de l’État islamique en Syrie, reste un symbole central de l’héritage de ce conflit. Pour de nombreux militants kurdes, la vidéo de la tresse coupée et la réponse en ligne sont devenues un avertissement sur ce qu’ils craignent pourrait arriver aux femmes associées aux groupes kurdes alors que les rapports de force évoluent sur le terrain.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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