Les municipalités dirigées par le CHP confrontées à une nouvelle vague d’interpellations et d’arrestations
Les autorités turques ont interpellé cinq personnes dans une nouvelle opération visant la municipalité de Beşiktaş à Istanbul, contrôlée par le Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition, tandis que les tribunaux ont placé 27 personnes en détention provisoire dans le cadre d’enquêtes distinctes concernant deux autres municipalités administrées par le CHP, ont rapporté les médias locaux mardi.
La dernière opération à Beşiktaş a été menée dans le cadre d’une enquête du parquet d’Istanbul sur des allégations de corruption et de blanchiment d’argent, selon le service turc d’Euronews.
Parmi les interpellés figurent l’ancien maire adjoint de Beşiktaş Cevdet Çalı, le responsable des services du personnel de la municipalité Bülent Karakaş et le membre du conseil municipal du CHP İlker Uluer.
Les procureurs ont déclaré que la police avait saisi de nombreux supports numériques ainsi que 90 000 dollars américains et 5 000 euros supposément obtenus par des activités criminelles.
Cette opération marque la dernière action judiciaire impliquant la municipalité de Beşiktaş, précédemment visée par une enquête distincte. Le maire CHP de Beşiktaş, Rıza Akpolat, avait été interpellé le 13 janvier 2025 dans le cadre d’une enquête sur une prétendue organisation criminelle dirigée par Aziz İhsan Aktaş, un homme d’affaires accusé de truquer des appels d’offres municipaux en corrompant des maires et des hauts fonctionnaires municipaux.
Akpolat avait été placé en détention provisoire quelques jours plus tard pour « appartenance à une organisation criminelle », « trucage d’appels d’offres » et « acquisition illégale de biens », avant d’être destitué le même jour par le ministère de l’Intérieur.
Arrestations à Eskişehir et Denizli
Dans la province centrale d’Eskişehir, 15 personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une enquête visant la municipalité de Tepebaşı, dirigée par le CHP, après une opération jeudi au cours de laquelle 25 personnes avaient été interpellées.
Le parquet d’Eskişehir a indiqué que l’enquête portait sur des allégations incluant des détournements de fonds répétés, des faux, des violations de la loi fiscale, le blanchiment de produits criminels et l’abus de fonction.
Les procureurs ont affirmé que des irrégularités avaient été identifiées dans certains appels d’offres municipaux, notamment des achats effectués par la Direction de la culture, des arts et des affaires sociales de la municipalité via des procédures de gré à gré. Ils ont accusé l’utilisation de faux appels d’offres et de factures pour des services soit non fournis, soit facturés au-dessus du prix du marché.
Parmi les personnes arrêtées figuraient le maire adjoint Seyit Yıldızhan, le chef de cabinet Özcan Erkaya, la directrice des affaires des mukhtars Duygu Güzeloğlu et le directeur par intérim des services sociaux Murat Çevik, ainsi que des employés municipaux et des responsables d’entreprises privées. Dix autres suspects ont été libérés sous contrôle judiciaire.
Euronews a également rapporté que la police avait découvert une pièce souterraine dans le jardin de la maison d’Erkaya contenant neuf appareils de minage de cryptomonnaies.
Dans la province occidentale de Denizli, le maire adjoint Emrah Karan figurait parmi les 12 personnes arrêtées dans une enquête distincte sur des accusations de corruption et de trucage d’appels d’offres visant la municipalité de Merkezefendi, dirigée par le CHP, a rapporté l’agence de presse DHA.
Le parquet de Denizli avait émis des mandats d’arrêt le 15 mai contre 13 personnes accusées d’avoir accepté des pots-de-vin dans des procédures d’appels d’offres municipaux. Un suspect a été libéré sous contrôle judiciaire.
La municipalité d’Ankara sanctionnée pour rejet d’eaux usées
Dans un autre développement, le ministère de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique a infligé une amende de 1,68 million de livres turques (36 800 dollars) à la municipalité métropolitaine d’Ankara, dirigée par le CHP, pour avoir prétendument rejeté des eaux usées dans le lac Mogan via un réseau d’eaux pluviales.
Le ministère a déclaré que les eaux usées produites lors de la construction d’un pont dans le quartier Hacılar du district de Gölbaşı à Ankara avaient été raccordées sans traitement à un réseau d’eaux pluviales avant d’être déversées dans le lac.
Le lac Mogan étant une zone de protection environnementale spéciale, le ministère a précisé que l’amende avait été doublée et qu’une plainte pénale avait été déposée contre les responsables.
Pression sur les municipalités administrées par le CHP
Ces opérations s’inscrivent dans une vague plus large d’actions judiciaires visant les municipalités dirigées par le CHP depuis les victoires écrasantes du parti aux élections locales du 31 mars 2024.
Des décomptes récents dans les médias turcs indiquent que 23 maires du CHP ont été emprisonnés à un moment ou un autre depuis les élections, que 20 sont toujours en détention et que 25 ont été destitués.
Les responsables du CHP affirment que ces enquêtes sont politiquement motivées et visent à réduire les gains du parti lors des élections locales de 2024, où il est arrivé en tête au niveau national pour la première fois depuis 1977 et a pris le contrôle de nombreuses grandes villes de Turquie.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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