Les États-Unis poussent pour un rôle turc dans la force pour Gaza malgré le veto israélien, malgré un « cessez-le-feu » meurtrier
L’ambassadeur des États-Unis en Turquie, Tom Barrack, presse pour une participation turque à une force internationale de sécurité prévue pour Gaza, mettant Washington en désaccord avec Israël alors que l’armée israélienne continue de tuer des Palestiniens malgré un cessez-le-feu formel.
Barrack, proche conseiller du président américain Donald Trump, a déclaré lors d’une conférence du Jerusalem Post à Washington mercredi que la grande armée turque et ses canaux politiques avec le Hamas rendraient l’implication d’Ankara dans la Force internationale de stabilisation (ISF) mandatée par l’ONU « bénéfique ».
L’ISF fait partie du « Plan global pour mettre fin au conflit à Gaza » de Trump, annoncé en septembre et accepté en principe par Israël et le Hamas en octobre. Le cessez-le-feu du 10 octobre a mis fin aux bombardements à grande échelle mais n’a pas stoppé les morts palestiniennes.
La résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 17 novembre, soutient une autorité transitionnaire pour Gaza présidée par les États-Unis et autorise l’ISF à assurer la sécurité, former une nouvelle police palestinienne et superviser la démilitarisation et la reconstruction. Des projets circulant à l’ONU décrivent une force de 20 000 membres avec un mandat de deux ans et l’autorisation d’utiliser la force si nécessaire. Les États-Unis n’enverront pas de troupes au sol mais prévoient de nommer un commandant américain.
Le ministère de la Santé de Gaza a signalé 383 Palestiniens tués et des centaines blessés depuis la trêve. Les groupes de droits humains affirment que les forces israéliennes ont commis des violations répétées, y compris des frappes de drones et des tirs de snipers. Un cas récent concernait la mort de Ahed Tareq al-Bayouk, 3 ans, près de Rafah.
President Trump ambassador to Turkey tells me at the @Jerusalem_Post conference that Turkey should be a part of the Gaza international force (ISF): « Our suggestion was that since the Turks have the largest and most effective ground troop operation in the region, and since… pic.twitter.com/VrTai1hcLV
— Amichai Stein (@AmichaiStein1) December 10, 2025
Israël a répété à plusieurs reprises que les soldats turcs ne seraient pas autorisés à Gaza. Les officiels citent les critiques publiques sévères du président turc Recep Tayyip Erdoğan envers la politique israélienne et affirment que tout contributeur de troupes doit être acceptable pour Israël. Les porte-paroles israéliens répètent désormais une seule phrase : « Il n’y aura pas de bottes turques sur le terrain. »
Barrack avait auparavant minimisé les échanges d’insultes de haut niveau entre le gouvernement d’Erdoğan et celui du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, les qualifiant de simples « rhétoriques », et a exprimé l’espoir d’une amélioration des relations turco-israéliennes à l’avenir.
Ankara a déclaré être prête à participer s’il y a un accord sur le mandat. Le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan a déclaré que la première tâche devrait être de séparer les troupes israéliennes et les combattants du Hamas. Le président Erdoğan a affirmé que la Turquie peut soutenir Gaza « sous toute forme », et le ministère de la Défense a commencé à élaborer des plans pour un éventuel déploiement.
Les responsables américains affirment que la liste des contributeurs de troupes n’est pas finalisée. L’Indonésie, le Pakistan et l’Azerbaïdjan figurent parmi les pays mentionnés dans les premiers projets, bien que certains gouvernements hésitent à envoyer des troupes dans un environnement à haut risque. Israël continue de faire pression sur les États-Unis pour exclure la Turquie.
Le Hamas a accepté le cessez-le-feu mais a rejeté la résolution 2803 et s’oppose à l’ISF. Il affirme que toute force tentant de désarmer les combattants palestiniens sera traitée comme une force d’occupation.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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