Les calories deviennent obligatoires sur les menus des chaînes de restaurants en Turquie
Les points importants
- Obligation immédiate : Les chaînes nationales doivent dès aujourd’hui afficher les calories sur leurs menus.
- Calendrier progressif : Les petits restaurants et cafés devront se conformer d’ici le 31 décembre 2027.
- Critiques sur l’efficacité : Experts et opposants estiment que l’étiquetage seul ne résoudra pas les problèmes nutritionnels, face à l’inflation et au coût des aliments sains.
Les chaînes de restaurants et de cafés en Turquie sont tenues, à compter d’aujourd’hui, d’indiquer les calories sur leurs menus, conformément à de nouvelles règles introduites par le ministère de l’Agriculture et des Forêts, a rapporté la chaîne privée NTV.
Cette obligation s’applique d’abord aux chaînes nationales. Les établissements comptant trois succursales ou plus dans une même province auront jusqu’au 31 décembre pour s’y conformer, tandis que les petits restaurants et cafés seront intégrés progressivement.
Tous les commerces alimentaires devront indiquer la composition des ingrédients d’ici fin 2026 et les calories d’ici le 31 décembre 2027.
Selon les règles, les menus, les écrans numériques et les listes de commandes devront afficher plus que les simples prix. Les établissements devront également fournir des informations sur les ingrédients, les portions, les allergènes et les valeurs caloriques.
Le ministère a désigné environ 8 000 inspecteurs alimentaires pour vérifier le respect des nouvelles règles, selon NTV.
Le gouvernement affirme que cette mesure vise à encourager une alimentation plus saine et à aider les clients à faire des choix plus éclairés, à un moment où l’obésité et la mauvaise nutrition deviennent des préoccupations croissantes de santé publique en Turquie.
Une campagne nationale de santé publique l’an dernier a révélé que près des deux tiers des plus de 1,1 million de personnes mesurées par le ministère de la Santé étaient en surpoids ou obèses.
Selon les chiffres du ministère publiés en juin 2025, 35,8 % des participants étaient en surpoids et 28,2 % obèses, tandis que 31,8 % se situaient dans la fourchette de poids normale.
La campagne a orienté les personnes ayant un indice de masse corporelle hors norme vers les centres de santé familiaux publics et les centres de vie saine pour des conseils nutritionnels gratuits et des services de suivi.
Cependant, des experts en santé publique et des critiques ont prévenu que les seules étiquettes caloriques ne résoudront pas les problèmes nutritionnels de la Turquie. Ils soulignent que les choix alimentaires sont également influencés par les revenus, les prix des denrées et l’accès aux produits frais et aux protéines.
La Turquie est confrontée depuis des années à une inflation élevée, rendant la viande, les produits laitiers, les fruits et légumes moins abordables pour de nombreux foyers. L’inflation annuelle se situe actuellement autour de 32 %, après avoir culminé à 85,5 % en octobre 2022.
Les critiques affirment que les familles à faibles revenus sont souvent poussées vers des aliments transformés moins chers, qui rassasient mais ont une valeur nutritionnelle limitée.
Ces nouvelles règles sur les menus interviennent également alors que le secteur de l’alimentation et des boissons en Turquie fait face à des coûts plus élevés de main-d’œuvre, de loyer et d’ingrédients, suscitant des inquiétudes parmi certaines petites entreprises quant au coût de la mise à jour des menus et du calcul des calories pour chaque article.
Le ministère affirme que le déploiement progressif vise à donner aux petites entreprises plus de temps pour se préparer.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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