Le système éducatif turc confronté à une baisse drastique des effectifs scolaires et à un décalage croissant avec le marché du travail
Le système éducatif turc fait face à une chute brutale du nombre d’élèves et à un décalage croissant avec les besoins du marché du travail, selon un rapport du think tank TEDMEM de l’Association turque d’éducation, qui alerte sur des pressions structurelles grandissantes.
La baisse des taux de natalité devrait réduire de 21% le nombre d’enfants entrant à l’école primaire d’ici 2030, indique le rapport, citant un déclin soutenu des naissances au cours de la dernière décennie.
Cette évolution devrait impacter les capacités d’accueil des écoles, le recrutement des enseignants et les quotas universitaires, soulevant des inquiétudes quant à la préparation du système face à une population scolaire en déclin.
Parallèlement, le rapport constate un écart grandissant entre éducation et emploi. La Turquie est le seul pays européen où le chômage des diplômés universitaires (9,1%) dépasse la moyenne nationale (8,5%).
Le document relève également des divergences méthodologiques dans les données officielles concernant le délai d’accès à l’emploi des diplômés, compliquant l’évaluation de la transition entre formation et marché du travail.
TEDMEM souligne que l’enseignement supérieur continue de produire massivement des diplômés sans création d’emplois correspondante, creusant l’inadéquation entre les qualifications et les besoins du marché.
Les difficultés apparaissent dès les cycles inférieurs. Les taux de redoublement au lycée ont fortement augmenté, tandis que les transferts vers l’enseignement à distance ont bondi de 47,7%, les élèves de neuvième année représentant 58,4% de ces transitions.
Les données d’admission à l’université reflètent également un système sous tension. Près de 7 étudiants sur 10 placés dans l’enseignement supérieur sont des candidats récurrents, tandis que seulement 16,46% des terminales obtiennent une place en licence.
Le nombre de candidats au concours d’entrée à l’université a chuté de près d’un million entre 2023 et 2025, soit une baisse de 27,4%.
Le rapport documente aussi les pressions sur la profession enseignante. Les nominations de contractuels sont tombées à 15 000 en 2025, bien en dessous de la moyenne sur 20 ans (38 670).
TEDMEM estime que ces tendances reflètent des problèmes structurels plus larges : inadéquation des formations, incertitudes économiques et insuffisance de l’orientation professionnelle.
L’organisation plaide pour une refonte complète des politiques éducatives, incluant une meilleure coordination institutionnelle, des systèmes de données renforcés et une transition vers des modèles de formation continue et de micro-certifications.




