Le Parlement turc reçoit des demandes de levée d’immunité pour 12 députés, dont le chef de l’opposition
Les points importants
- Pression judiciaire : Le Parlement turc examine la levée d'immunité de 12 députés, dont le leader du CHP, dans un contexte de répression accrue contre l'opposition.Annulation du congrès du CHP : Un tribunal a annulé l'élection d'Özgür Özel, une décision qualifiée de « coup judiciaire » par le parti.Emprisonnement d'İmamoğlu : Le maire d'Istanbul, rival potentiel d'Erdoğan, reste détenu depuis 2025 pour des accusations de corruption contestées.
Le Parlement turc a reçu des demandes visant à lever l’immunité législative de 12 députés, dont Özgür Özel, leader du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant les archives parlementaires.
Le bureau du président de l’Assemblée a renvoyé 14 dossiers à une commission mixte composée de membres des commissions de la Constitution et de la Justice. Le nombre de dossiers dépasse celui des députés : Özel et le député du CHP Mustafa Sarıgül font chacun l’objet de deux demandes distinctes, tandis que les dix autres députés sont visés par une seule.
Cette démarche intervient dans un contexte de pression juridique et politique croissante sur le CHP, principal parti d’opposition turc, qui fait face à des procès, des arrestations et des enquêtes ciblant certaines de ses figures les plus éminentes.
Un tribunal turc a annulé le mois dernier le congrès du CHP qui avait élu Özel à la présidence en 2023, l’écartant ainsi de la direction du parti et réintégrant son prédécesseur, Kemal Kılıçdaroğlu. Le CHP a dénoncé cette décision comme un « coup judiciaire » et a annoncé qu’il contesterait le verdict par les voies légales.
Le parti est également sous pression en raison des affaires visant le maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, l’une des personnalités les plus en vue du CHP et un rival potentiel du président Recep Tayyip Erdoğan. İmamoğlu est emprisonné depuis 2025 pour des accusations de corruption que lui et son parti nient.
En Turquie, les députés bénéficient d’une immunité législative qui les protège généralement de poursuites, à moins que le Parlement ne vote sa levée dans des cas spécifiques.
Les autres députés mentionnés dans les dossiers sont Turhan Çömez, vice-président du groupe parlementaire du parti d’opposition İyi (Bon) ; les députés du CHP İsmet Güneşhan, Eylem Ertuğ Ertuğrul, Ulaş Karasu, Süleyman Bülbül, Cemal Enginyurt et Cevdet Akay ; le député de l’İyi Parti Hakan Şeref Olgun ; le député du Nouveau Parti de la Voie (Yeni Yol) Mesut Doğan ; et le député du Parti des travailleurs de Turquie Ahmet Şık.
Les archives n’ont pas précisé les motifs derrière les demandes de levée d’immunité.




