Le négociant en or turco-iranien Zarrab va être condamné alors que les États-Unis mettent fin à l’affaire Halkbank, selon un rapport
Les points importants
- Condamnation imminente : Reza Zarrab, témoin-clé dans l'affaire Halkbank, sera fixé sur son sort le 14 juillet 2026, neuf ans après son plaidoyer de culpabilité.
- Classement de l'affaire : Le département de la Justice américain demande l'abandon des poursuites contre Halkbank après un accord négocié en mars, sans amende ni aveu de faute.
- Contexte politique : Cette affaire, liée à une enquête pour corruption de 2013 étouffée par le gouvernement Erdoğan, a empoisonné les relations turco-américaines.
Reza Zarrab, témoin-clé coopérant dans l’enquête pénale du gouvernement américain sur le rôle présumé de la banque publique turque Halkbank dans l’aide à l’Iran pour contourner les sanctions, doit être condamné en juillet, près de neuf ans après avoir plaidé coupable, a rapporté l’agence Reuters lundi, citant des documents judiciaires.
Zarrab, un négociant en or turco-iranien, doit être condamné le 14 juillet devant le tribunal fédéral de Manhattan.
La fixation de sa peine intervient alors que le juge de district américain Richard Berman examine séparément une demande des procureurs fédéraux de classer l’affaire pénale contre Halkbank, dans le cadre d’un accord conclu avec la banque plus tôt cette année.
Zarrab a plaidé coupable le 26 octobre 2017 pour avoir conspiré en vue de contourner les sanctions américaines, puis a témoigné pour les procureurs contre Mehmet Hakan Atilla, un ancien cadre de Halkbank, lors d’un procès à New York.
Atilla a été reconnu coupable en 2018 d’avoir aidé l’Iran à contourner les sanctions américaines, puis est retourné en Turquie après avoir purgé sa peine dans une prison américaine.
Dans les affaires pénales américaines, les témoins coopérants sont souvent condamnés seulement après que les affaires dans lesquelles ils pourraient être appelés à témoigner sont closes.
La condamnation longtemps retardée de Zarrab intervient donc alors que l’affaire Halkbank semble approcher d’une possible conclusion.
Le département de la Justice a formellement demandé le 11 juin au juge Berman de classer l’affaire contre Halkbank, affirmant qu’il n’avait plus l’intention de poursuivre la banque turque.
Les procureurs ont fait cette demande après que Halkbank et le gouvernement américain ont conclu un accord en mars pour mettre fin à cette affaire de longue durée, qui était une source persistante de tension entre Ankara et Washington.
Halkbank, qui avait plaidé non coupable, avait été inculpée en 2019 lors du premier mandat du président américain Donald Trump pour avoir aidé l’Iran à contourner les sanctions américaines.
Les procureurs américains ont accusé la banque d’avoir transféré secrètement 20 milliards de dollars de fonds restreints, converti les revenus pétroliers iraniens en or et en espèces, et utilisé des expéditions fictives de nourriture pour dissimuler les transferts de produits pétroliers, selon Reuters.
L’accord de mars n’exige pas que Halkbank paie une amende ou reconnaisse une faute pénale. Il interdit à la banque d’effectuer des transactions profitant à l’Iran et exige une surveillance externe de sa conformité en matière de sanctions et de lutte contre le blanchiment d’argent.
Après l’annonce de l’accord, le juge Berman a suspendu l’affaire pendant 90 jours pour permettre à Halkbank de démontrer sa conformité à l’accord.
Halkbank a engagé Ernst & Young pour examiner ses politiques de conformité.
Dans leur dossier du 11 juin, les procureurs ont indiqué que l’examen n’avait identifié aucun domaine de non-conformité et ont demandé au juge Berman d’approuver leur motion de classement de l’affaire. Le juge doit tenir une audience le 17 juin pour examiner la demande.
L’affaire Halkbank a traversé des années de litige devant les tribunaux américains.
En octobre, la Cour suprême des États-Unis a confirmé une décision d’une juridiction inférieure autorisant la poursuite de l’affaire, rejetant l’argument de Halkbank selon lequel, en tant qu’entité publique turque, elle devrait bénéficier de l’immunité de poursuites devant des tribunaux étrangers.
L’affaire a également occupé une place importante dans les relations entre Ankara et Washington.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a critiqué à plusieurs reprises les poursuites, les qualifiant d’illégales et de « laides », tandis que des responsables turcs ont pressé les administrations américaines de résoudre la question.
Selon Reuters, Erdoğan a déclaré en octobre que Trump lui avait dit lors d’une réunion en septembre à la Maison Blanche et lors d’un appel téléphonique ultérieur que « le problème Halkbank est terminé pour nous ».
L’affaire Zarrab avait auparavant attiré l’attention en Turquie parce qu’elle recoupait une enquête pour corruption en 2013 qui impliquait des proches du gouvernement Erdoğan.
Lors du procès américain, Zarrab a témoigné avoir versé plus de 50 millions de dollars de pots-de-vin au ministre turc des Finances pour permettre la poursuite du stratagème de contournement des sanctions.
Il avait été le principal suspect dans l’enquête pour corruption de 2013 en Turquie, mais a échappé à des poursuites après que l’affaire a été classée par le gouvernement, qui l’a qualifiée de coup d’État judiciaire.
Les procureurs américains ont ensuite poursuivi l’affaire de contournement des sanctions à New York, où Zarrab est devenu un témoin coopérant et a livré un témoignage détaillé sur le stratagème présumé impliquant Halkbank, les transactions aurifères et les transferts conçus pour déplacer les revenus pétroliers iraniens malgré les restrictions américaines.
La date de condamnation de juillet marque la dernière étape vers la conclusion de l’une des affaires pénales américaines les plus politiquement sensibles impliquant la Turquie ces dernières années.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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