Le ministre de la Justice turc envisage des peines pour mineurs similaires à celles des adultes dans les crimes graves
Le ministre turc de la Justice a déclaré que le gouvernement envisageait une nouvelle législation permettant aux mineurs condamnés pour crimes graves comme le meurtre de subir des peines similaires à celles des adultes, a rapporté le site d’information T24.
Le ministre Akın Gürlek a précisé que cette proposition était discutée dans le cadre du 12e Paquet de Réformes Judiciaires en préparation, visant à accélérer les procédures judiciaires et introduire plusieurs modifications légales.
Lors d’un dîner de rupture de jeûne avec des représentants médias ankariotes, Gürlek a jugé les peines actuelles pour délits mineurs « insuffisantes ».
Il a ajouté que les mineurs auteurs de crimes graves comme le meurtre pourraient encourir la perpétuité aggravée si les faits le justifient : « Si la perpétuité aggravée s’applique aux majeurs, nous veillerons à ce qu’elle s’applique également [aux mineurs] ».
Gürlek a indiqué que les débats se poursuivaient au sein d’une commission parlementaire travaillant sur la législation relative aux enfants impliqués dans la criminalité.
Le ministre a également évoqué des mesures contre les réseaux criminels utilisant des mineurs, notant que les peines avaient déjà été durcies dans le 11e Paquet et pourraient l’être davantage.
« Les enfants nous sont confiés. Nous avons la responsabilité de protéger leur avenir », a déclaré Gürlek.
Celui-ci a aussi présenté d’autres réformes visant à alléger la surcharge des tribunaux turcs, actuellement saisis d’environ 12,5 millions de dossiers – un chiffre « extrêmement élevé » au niveau international.
Parmi les propositions : un mécanisme de médiation pour les divorces conflictuels lorsque les époux s’accordent sur la séparation, même en cas de litiges persistants (pension, garde, etc.).
Une fois l’accord enregistré par un juge, le divorce deviendrait définitif après validation du rapport de médiation par l’état civil.
Gürlek a souligné que cette réforme éviterait des procédures s’étalant sur 8 à 10 ans, entravant la reconstruction des personnes concernées.
Le gouvernement envisage également un mécanisme de « saut d’appel » pour accélérer les procédures, évitant le double passage devant les cours régionales et la Cour de cassation.
Débat sur la délinquance juvénile en Turquie
Ce durcissement envisagé intervient dans un contexte de préoccupation croissante face aux violences impliquant des jeunes.
Cette semaine, des enseignants stambouliotes ont fait grève après qu’un lycéen de 17 ans a poignardé mortellement une professeure du lycée professionnel Taşdelen Borsa İstanbul (district de Çekmeköy), relançant le débat sur la sécurité scolaire.
La victime, Fatma Nur Çelik, enseignante de biologie, est décédée des suites de ses blessures. Deux autres personnes (un enseignant et un élève de 15 ans) ont été blessées.
Ce drame a suscité un émoi national et des appels à des mesures plus fermes contre la violence adolescente.
En 2024, le meurtre d’Atlas Çağlayan (17 ans) lors d’une rixe, puis celui du turco-italien Mattia Ahmet Minguzzi (15 ans) en pleine rue avaient déjà provoqué l’indignation et relancé le débat sur la justice des mineurs.
En mai 2024, des milliers de professeurs avaient manifesté après l’assassinat d’un proviseur stambouliote par un ancien élève, exigeant des lois contre les violences scolaires.
Les chiffres officiels montrent une augmentation de 50% des mineurs interpellés en neuf ans, avec une forte progression des crimes organisés (meurtres, trafics de drogue).
Les défenseurs des droits soulignent que de nombreux adolescents recrutés par des réseaux criminels viennent de quartiers défavorisés, sont déscolarisés et vulnérables aux promesses d’argent ou de notoriété en ligne.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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