Le maire emprisonné d’Istanbul confronté à une nouvelle enquête
Les procureurs turcs ont ouvert mardi une nouvelle enquête contre le maire d’opposition d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, actuellement en détention et principal rival du président Recep Tayyip Erdoğan, pour « insulte à un fonctionnaire public », a annoncé le parquet local.
İmamoğlu fait déjà face à plusieurs procédures judiciaires, dont un important procès ouvert le mois dernier où il est accusé de diriger une organisation criminelle.
Ce procès massif au tribunal de Marmara à Silivri, en périphérie d’Istanbul, implique plus de 400 accusés – dont 107 en détention provisoire. Le juge a ordonné vendredi la libération sous conditions de 18 d’entre eux.
Lors de l’audience de lundi, İmamoğlu aurait pris la parole pour déclarer : « Il n’y a qu’une seule organisation criminelle dans cette affaire, c’est le parquet. » Ces propos ont provoqué une réaction immédiate des procureurs.
« Une enquête a été ouverte par le procureur en chef de Bakırköy pour le délit d »insulte à un fonctionnaire public dans l’exercice de ses fonctions’ suite aux propos attribués à l’accusé Ekrem İmamoğlu lors de l’audience du 6 avril », a indiqué le parquet dans un communiqué publié sur X.
İmamoğlu avait été arrêté en mars dernier sur une série de charges que l’opposition considère comme une tentative de saboter ses chances de défier Erdoğan lors des élections.
Il est depuis en détention provisoire. Les procureurs réclament une peine cumulée pouvant aller jusqu’à 2 430 ans, une démarche que les groupes de droits humains dénoncent comme une « instrumentalisation » de la justice turque pour écarter les opposants politiques.
Les audiences ont été marquées dès le départ par des échanges tendus entre le juge, les avocats de la défense et les journalistes, avec des disputes répétées sur l’accès et la disposition des places dans le tribunal de Silivri.
© Agence France-Presse




