Le maire d’une ville turque occidentale arrêté dans une enquête sur corruption alors que la répression s’intensifie contre l’opposition principale
Le maire Özkan Yalım d’Uşak a été arrêté lundi avec huit autres personnes dans le cadre d’une enquête sur corruption, alors que la répression s’intensifie contre les principaux opposants au parti républicain du peuple (CHP).
Quatre autres suspects ont été libérés sous contrôle judiciaire, selon des sources médiatiques turques.
Parmi ceux arrêtés figuraient le directeur financier municipal Halil Arslan, le directeur financier municipal Hüseyin Yaman, le chef de cabinet Hasan Doğukan Kurnaz, le chauffeur Murat Altınkaya, les employés municipaux Cihan Aras et İsmail Özçelik, l’homme d’affaires Murat Baş et le frère de Yalım, Mustafa Yalım, selon des sources. Quatre autres personnes, dont l’ancienne employée municipale Aslıhan Aksoy, ont été placées sous contrôle judiciaire plutôt que d’être incarcérées dans l’attente de leur procès.
L’enquête porte sur des allégations de corruption, d’extorsion et de manipulation d’appels d’offres publics à la municipalité d’Uşak. Dans sa déclaration aux procureurs, Yalım a rejeté ces accusations, affirmant que les allégations concernant des factures en double, des dépenses impropres et des demandes de pots-de-vin ne reflètent pas la réalité et qu’il n’existe aucune preuve tangible qu’il ait demandé ou reçu de l’argent.
Le CHP a réagi rapidement contre Yalım après que l’affaire se soit aggravée. Le porte-parole du parti, Zeynel Emre, a déclaré que la direction du CHP avait unanimement décidé de suspendre l’adhésion du parti à Yalım après avoir entendu sa défense.
Cette affaire survient dans un contexte d’intensification de la campagne juridique contre le CHP après ses gains lors des élections locales de mars 2024, lorsque le parti a remporté le contrôle de nombreuses grandes villes et infligé au président Recep Tayyip Erdoğan l’une de ses pires défaites municipales depuis des années. Depuis octobre 2024, les maires d’opposition et les responsables municipaux font face à une série d’enquêtes sur la corruption et le terrorisme que les critiques qualifient de motivations politiques.
L’affaire la plus marquante est celle d’Ekrem İmamoğlu, une figure de premier plan de l’opposition et un potentiel candidat à la présidence face à Erdoğan, dont l’arrestation l’année dernière a accru les inquiétudes quant à la pression exercée sur les élus de l’opposition.




