Le fonds souverain turc et Turkcell s’apprêtent à racheter les parts de TOGG détenues par Vestel et Anadolu, selon un rapport
Les points importants
- Rachat : TVF et Turkcell acquièrent les 46 % de TOGG détenus par Vestel et Anadolu.
- Renforcement de l’État : L’opération accroît le contrôle public sur TOGG via TVF et Turkcell.
- Défis financiers : TOGG reste non rentable malgré des ventes en hausse et des aides publiques.
Le Fonds de richesse de Turquie (TVF) et l’opérateur télécom Turkcell s’apprêtent à racheter la participation combinée de 46 % dans le constructeur turc de véhicules électriques TOGG, détenue par Vestel Elektronik et Anadolu Group Holding, a rapporté Reuters lundi, citant trois sources proches des discussions.
Deux des sources ont indiqué que TVF et Turkcell se partageraient les actions vendues, sans toutefois divulguer le prix ni la structure de propriété envisagée. Les négociations se poursuivent et un accord est attendu prochainement.
Vestel, Anadolu Group, Turkcell et le constructeur de véhicules commerciaux BMC Otomotiv détiennent chacun 23 % de TOGG. L’Union des chambres et des bourses de marchandises de Turquie (TOBB) en possède les 8 % restants.
Cette transaction mettrait fin à la participation de Vestel et d’Anadolu Group dans le constructeur automobile qu’ils ont contribué à créer en 2018.
Elle renforcerait également la participation de l’État dans TOGG, via TVF et Turkcell. Le fonds souverain est devenu actionnaire de contrôle de Turkcell en 2020 en acquérant une participation de 26,2 %, avec des actions privilégiées lui permettant de nommer cinq des neuf membres du conseil d’administration de la société de télécommunications.
L’action Vestel a progressé de 6,5 % après cette annonce, tandis que celle d’Anadolu Group a gagné 5,5 %. Turkcell a perdu 5 %, par rapport à un recul de 1,26 % de l’indice de référence BIST 100 de Borsa İstanbul.
TVF, Vestel et Anadolu Group ont refusé de commenter. Turkcell et TOGG n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.
TOGG a été fondé après que le président Recep Tayyip Erdoğan a appelé les entreprises turques à développer une voiture de tourisme financée et détenue par des investisseurs turcs. Son gouvernement a promu l’entreprise dans le cadre de ses efforts pour développer une technologie détenue par la Turquie et réduire la dépendance aux véhicules importés.
L’entreprise a lancé la production en série de son premier modèle, le T10X, un SUV électrique, en 2023 dans son usine de Gemlik, dans la province de Bursa, au nord-ouest du pays. Un second modèle, la berline T10F, a suivi en 2025.
TOGG n’est pas coté en Bourse et ne publie pas le même niveau d’informations financières que ses actionnaires cotés. Les chiffres des états financiers des actionnaires montrent que les pertes, qui s’élevaient à plusieurs milliards de lires l’an dernier, ont diminué au premier semestre 2026.
Le constructeur a vendu 39 020 véhicules en Turquie en 2025. Les ventes ont augmenté de 30 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 25 848 véhicules au cours des sept premiers mois de 2026, selon les données de l’Association des distributeurs automobiles et de la mobilité (ODMD).
Les constructeurs automobiles ont généralement besoin d’une production annuelle de plus de 100 000 véhicules pour devenir rentables, ont indiqué des sources du secteur à Reuters. TOGG n’a pas encore atteint ce niveau, malgré des allègements fiscaux et d’autres incitations gouvernementales.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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