Le commerce Turquie-Syrie bondit de 42 % pour atteindre 3,75 milliards de dollars, annonce le ministre
Les points importants
- Hausse record : Le commerce bilatéral a bondi de 42 % pour atteindre 3,75 milliards de dollars.
- Objectifs ambitieux : Ankara vise 5 milliards de dollars d’échanges d’ici fin 2026 et 10 milliards à moyen terme.
- Réintégration internationale : Les États-Unis retirent la Syrie de la liste des États terroristes et lèvent les sanctions.
Le commerce entre la Turquie et la Syrie a bondi de 42 % l’an dernier pour atteindre 3,75 milliards de dollars, a déclaré le ministre turc du Commerce Ömer Bolat lors d’une visite à Alep jeudi, reflétant le rôle économique croissant d’Ankara en Syrie après la chute du gouvernement de Bachar al-Assad, a rapporté l’agence de presse publique Anadolu.
Bolat a indiqué que la Turquie est le premier partenaire commercial étranger de la Syrie et que les liens commerciaux entre les deux pays continuent de se développer.
Le ministre s’exprimait lors d’une réunion d’affaires à Alep en présence de responsables et représentants d’entreprises turcs et syriens.
La réunion a été organisée avec la participation de l’Association des industriels et hommes d’affaires indépendants (MÜSİAD) Syrie, du Conseil d’affaires conjoint Syrie-Turquie, de l’Agence syrienne d’investissement et du gouvernorat d’Alep.
La Turquie a rapidement renforcé ses liens politiques et commerciaux avec la Syrie depuis la destitution d’Assad le 8 décembre 2024, soutenant le nouveau gouvernement dirigé par le président Ahmad al-Charaa et positionnant les entreprises turques pour participer à la reconstruction.
Bolat a déclaré qu’il s’agissait de sa première visite à Alep depuis plus de vingt ans. Sa dernière visite dans cette ville remontait à décembre 2004, lorsqu’il faisait partie d’une délégation accompagnant l’ancien Premier ministre et actuel président Recep Tayyip Erdoğan.
Il a indiqué avoir rencontré des ministres syriens à trois reprises au cours du mois écoulé et que les deux pays avaient progressé sur les questions économiques bilatérales.
Bolat a déclaré qu’Ankara agissait sur instruction d’Erdoğan pour apporter un soutien maximal dans des domaines tels que la reconstruction, la relance économique et l’investissement.
La Turquie et la Syrie disposent actuellement de six postes-frontières opérationnels, a indiqué Bolat, ajoutant que la partie syrienne s’était engagée à achever les travaux nécessaires à l’ouverture du poste de Qamishli d’ici la fin de l’année.
Le poste-frontière de Qamishli-Nusaybin, reliant le nord-est de la Syrie à la province turque de Mardin, est fermé depuis des années en raison du conflit syrien. Ankara et Damas ont récemment entamé des travaux pour réhabiliter et rouvrir cette route, qui pourrait constituer un nouveau corridor important pour le commerce bilatéral et régional.
Ankara a également fixé des objectifs ambitieux pour le commerce bilatéral. Lors d’une réunion à Damas cette semaine, Bolat a déclaré que la Turquie espérait porter ses échanges avec la Syrie à 5 milliards de dollars d’ici la fin de l’année prochaine et à 10 milliards de dollars à moyen terme.
Ce rapprochement économique intervient alors que la Syrie sort de près de 14 ans de guerre et d’années d’isolement international.
Les États-Unis ont retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme le 24 août, éliminant ainsi un autre obstacle majeur à la réintégration du pays dans le système financier international.
Washington avait déjà levé ses sanctions globales contre la Syrie en 2025, tandis que la loi Caesar pour la protection des civils syriens a été abrogée en décembre de la même année.




