Le chef de l’opposition turque affirme que le parti d’Erdoğan est en proie à une lutte successorale
Özgür Özel, leader de la principale opposition turque, a déclaré que le Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdoğan traverse une lutte de pouvoir interne qu’il a qualifiée de « combat pour le trône ».
Özel, qui dirige le Parti républicain du peuple (CHP), a tenu ces propos en réponse aux allégations relayées par les médias pro-gouvernementaux et sur les réseaux sociaux selon lesquelles il aurait conclu un accord avec le procureur général d’Istanbul et retenu des informations compromettantes.
Le dirigeant du CHP a affirmé qu’il ne souhaitait pas que son parti soit instrumentalisé dans ce qu’il appelle les « guerres de succession » au sein de l’AKP.
L’AKP dirige la Turquie depuis 2002 sous l’égide de Recep Tayyip Erdoğan, qui a été Premier ministre jusqu’en 2014 puis président, dominant ainsi la vie politique turque depuis plus de deux décennies.
Les commentaires d’Özel portaient principalement sur Akın Gürlek, le procureur général d’Istanbul, devenu un symbole pour l’opposition de la politisation du système judiciaire turc.
Özel a indiqué que les informations et allégations concernant Gürlek avaient été transmises au CHP par des membres de l’AKP, et que son parti les avait transmises aux procureurs plutôt que de les exploiter à des fins politiques.
Le CHP a déposé une plainte pénale à Ankara accusant Gürlek de revenus illicites et de transactions immobilières suspectes, des allégations auxquelles Gürlek n’a pas publiquement répondu selon les rapports cités par les médias turcs.
Özel a souligné que la véritable question n’était pas de savoir si des factions rivales souhaitaient qu’il divulgue des informations à un moment et de manière à servir leurs intérêts, mais plutôt si l’État enregistrerait ces allégations et les examinerait.
Il a présenté ces flux documentaires comme la preuve d’une lutte entre « enfants, gendres, ministres et anciens ministres » au sein du parti au pouvoir.
L’opposition turque affirme que le gouvernement utilise les tribunaux et les procureurs pour réprimer les municipalités dirigées par le CHP après les victoires du parti aux élections locales de mars 2024.




