Le budget turc bascule dans un déficit de 6,5 milliards de dollars en mai, les recettes fiscales chutant
Les points importants
- Déficit record : Le budget turc est passé d’un excédent de 235,2 milliards de livres en mai 2025 à un déficit de 298,2 milliards de livres en mai 2026, soit une détérioration de 533,5 milliards de livres.
- Chute des recettes fiscales : Les recettes fiscales ont baissé de 22,1 % sur un an, avec des chutes particulièrement marquées pour l’impôt sur le revenu (-57,4 %) et la TVA intérieure (-66,1 %).
- Hausse des dépenses et des intérêts : Les dépenses publiques ont augmenté de 27 % et les paiements d’intérêts de 16 %, tandis que l’inflation atteignait 32,61 % en mai.
Le budget de l’État turc a affiché un déficit de 298,2 milliards de livres (6,5 milliards de dollars) en mai, inversant l’excédent de 235,2 milliards de livres enregistré un an plus tôt, les recettes fiscales ayant chuté et les dépenses publiques augmenté, selon les données officielles publiées lundi.
Ce résultat représente une détérioration de 533,5 milliards de livres du solde budgétaire mensuel par rapport à mai 2025, d’après les chiffres publiés par le ministère du Trésor et des Finances.
Les recettes budgétaires ont chuté de 18 % sur un an pour atteindre 1 090 milliards de livres, tandis que les dépenses ont augmenté de 27 % pour s’établir à 1 380 milliards de livres.
Les recettes fiscales ont diminué de 22,1 % pour atteindre 931,5 milliards de livres, représentant l’essentiel de la baisse des revenus de l’État.
Les recettes de l’impôt sur le revenu ont chuté de 57,4 %, celles de l’impôt sur les sociétés de 21,9 % et celles de la TVA intérieure de 66,1 %.
Les recettes de la taxe spéciale de consommation, imposée sur des produits tels que les carburants, les véhicules, le tabac et l’alcool, ont baissé de 9,5 %.
La TVA perçue sur les importations a augmenté de 17,5 %, tandis que les recettes provenant des taxes sur les transactions bancaires et d’assurance ont progressé de 25,6 %.
Le solde budgétaire primaire, qui exclut les paiements d’intérêts, a enregistré un déficit de 169,3 milliards de livres en mai, contre un excédent primaire de 346,4 milliards de livres à la même période l’an dernier.
Les paiements d’intérêts ont augmenté de 16 % pour atteindre 128,9 milliards de livres.
Une partie de la baisse annuelle des recettes fiscales reflète un changement dans le calendrier de perception de l’impôt plutôt qu’une simple perte de revenus pour l’État.
Akbank Economic Research avait prédit une détérioration du solde de mai après que le gouvernement a rétabli une quatrième déclaration provisoire d’impôt sur les sociétés, une déclaration fiscale anticipée.
Ce changement signifie que les recettes de l’impôt sur les sociétés perçues en mai dernier l’ont été en février de cette année, affectant les comparaisons entre les deux mois.
Le déficit budgétaire de l’État a atteint 1 057 milliards de livres (22,9 milliards de dollars) au cours des cinq premiers mois de 2026, en hausse de 62,5 % en termes nominaux par rapport à 650,3 milliards de livres à la même période l’an dernier.
Cette comparaison ne tient pas compte de l’inflation, qui s’élevait à 32,61 % en mai.
Les dépenses publiques ont augmenté de 37,4 % de janvier à mai pour atteindre 7 330 milliards de livres, tandis que les recettes ont progressé de 33,9 % pour s’établir à 6 280 milliards de livres.
Les recettes fiscales sur la période de cinq mois ont augmenté de 32,4 % pour atteindre 5 300 milliards de livres.
Le budget a enregistré un excédent primaire de 205,6 milliards de livres sur la période, contre 185,5 milliards de livres un an plus tôt.
Les paiements d’intérêts ont atteint 1 260 milliards de livres, soit environ 27,3 milliards de dollars, au cours des cinq premiers mois, en hausse de 51,1 % par rapport à la même période l’an dernier.
Ces chiffres montrent que les coûts d’intérêts ont représenté l’intégralité du déficit cumulé, puisque les recettes dépassaient les dépenses lorsque les paiements d’intérêts étaient exclus.
Les dépenses de personnel ont augmenté de 43,1 % pour atteindre 2 100 milliards de livres sur la période de cinq mois, tandis que les contributions de l’État aux institutions de sécurité sociale ont progressé de 49,3 % pour atteindre 267,3 milliards de livres.
Les dépenses en biens et services ont augmenté de 39,7 % pour atteindre 472 milliards de livres, et les transferts courants ont progressé de 29,2 % pour s’établir à 2 650 milliards de livres.
La Turquie a approuvé 18 980 milliards de livres de dépenses de l’administration centrale pour 2026 et s’attend à ce que le déficit budgétaire représente environ 3,5 % du produit intérieur brut.
L’État avait utilisé 38,6 % de son enveloppe annuelle de dépenses à la fin mai.
Les chiffres budgétaires ont été publiés alors que la banque centrale turque maintient son taux directeur à 37 % pour tenter de contenir l’inflation, qui est passée à 32,61 % en mai contre 32,37 % en avril.




