L’Allemagne admet que la demande de visas en Turquie dépasse ses capacités et presse Ankara de se conformer aux critères de l’UE
Les points importants
- Surcharge consulaire : La demande de visas allemands en Turquie excède les capacités, selon Berlin.
- Conditionnalité européenne : Une solution durable passe par la libéralisation des visas, subordonnée aux critères de l'UE.
- Blocage politique : Les négociations d'adhésion turques sont au point mort depuis 2018.
Le ministère allemand des Affaires étrangères a reconnu que la demande de visas allemands en Turquie dépasse largement les capacités disponibles, tout en soulignant qu’une solution à long terme dépend du respect par Ankara des exigences de l’Union européenne en matière de libéralisation des visas, a rapporté l’agence de presse allemande dts.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de frustration croissante en Turquie face aux retards et aux refus de visas Schengen, une source récurrente de tensions entre Ankara et les capitales européennes, alors que les responsables turcs pressent l’UE de relancer les négociations de libéralisation des visas, longtemps au point mort.
Un changement fondamental des procédures de visa « serait absolument souhaitable », a déclaré le ministère en réponse à une question de dts, tout en précisant que cela ne pourrait être réalisé à terme que par une libéralisation des visas.
Selon les données de la Commission européenne publiées en mai, les consulats Schengen en Turquie ont reçu 1 268 376 demandes de visa en 2025, dont 1 072 054 ont abouti à des visas tandis que 183 196 ont été refusées, soit un taux de refus d’environ 14,6 %.
Le ministère a indiqué que l’Allemagne avait déjà pris des mesures pour alléger la pression sur le système de visa, notamment en augmentant les effectifs locaux et en numérisant une partie des procédures, ajoutant que Berlin avait réussi à promouvoir au sein de l’espace Schengen des visas pluriannuels plus généreux.
L’Allemagne a également introduit un « Business Fast Track » pour les voyageurs d’affaires ayant des liens avec le pays, visant à faciliter les déplacements de dernière minute, a précisé le ministère, tout en soulignant que ces mesures doivent désormais pouvoir produire leurs effets.
Le gouvernement turc a exhorté à plusieurs reprises l’UE à assouplir les restrictions de visa et à relancer les négociations de libéralisation des visas, actuellement suspendues.
Le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan a déclaré que le système actuel limite la mobilité des citoyens turcs et nuit aux relations de la Turquie avec l’Europe.
Les responsables européens ont indiqué qu’ils travaillaient à améliorer la transparence et à réduire les délais d’attente, tout en insistant sur le fait que les procédures et exigences fondamentales restent en vigueur.
La Turquie et l’UE ont convenu d’un cadre de libéralisation des visas en 2013, mais Ankara n’a pas encore rempli tous les critères requis, notamment ceux liés à la législation antiterroriste, à la protection des données, à la coopération judiciaire et aux droits fondamentaux.
La Turquie et l’UE ont entamé des négociations d’adhésion en 2005, mais le processus est au point mort depuis des années. Les pays candidats à l’adhésion doivent aligner leur législation sur les normes européennes dans 35 domaines politiques, appelés chapitres de négociation.
Les dirigeants de l’UE ont convenu en 2018 qu’aucun nouveau chapitre dans les négociations d’adhésion de la Turquie ne devrait être ouvert ou clos.
La libre circulation des visas est liée au respect par la Turquie des critères restants de l’UE, y compris les modifications de ses lois antiterroristes et de protection des données.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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