La Turquie veut obliger Airbnb et Booking.com à nommer des représentants locaux
Les points importants
- Représentant obligatoire : Les plateformes comme Airbnb et Booking.com devront nommer un représentant légal en Turquie.
- Permis et taxes : Une autorisation du ministère du Tourisme sera requise, avec des frais de 5 millions de livres turques et une taxe numérique sur les revenus.
- Contrôle accru : Le projet de loi vise à soumettre ces plateformes au droit turc et à la compétence des tribunaux locaux, sous peine d’amendes, de suspension, voire d’interdiction.
Le parti au pouvoir en Turquie, l’AKP, a déposé un projet de loi obligeant les plateformes étrangères de réservation comme Airbnb et Booking.com à nommer des représentants en Turquie.
Le texte exigerait également que ces plateformes d’hébergement numérique étrangères obtiennent une autorisation du ministère de la Culture et du Tourisme pour opérer en Turquie, avec des frais d’autorisation fixés à 5 millions de livres turques (environ 104 000 dollars).
Les plateformes qui obtiendraient cette autorisation pourraient vendre des hébergements dans des propriétés certifiées par le tourisme et des logements autorisés à des fins touristiques, ainsi que des billets d’avion et des services de transfert par voie électronique. Elles ne seraient pas autorisées à vendre des forfaits touristiques.
Le projet de loi instaurerait un système de sanctions en trois phases pour les plateformes ne respectant pas les nouvelles exigences. Elles écoperaient d’abord d’une amende administrative. En cas de récidive, leur autorisation serait annulée, suivie d’une interdiction de leurs activités de vente numérique en Turquie.
Les règles proposées couvriraient les plateformes internationales, notamment Airbnb, Booking.com, Agoda, Trivago, Skyscanner Hotels et Cozycozy.
Les plateformes seraient également soumises à la taxe turque sur les services numériques pour leurs revenus dans le pays, ainsi qu’à une redevance touristique équivalant à 0,05 % de leur chiffre d’affaires. Cette redevance serait versée à l’Agence turque de promotion et de développement du tourisme (TGA), qui finance les activités de promotion et de développement du secteur touristique turc.
Le projet de loi exigerait également que les plateformes soient transparentes quant aux algorithmes qu’elles utilisent et interdirait les pratiques visant à dominer le marché.
Selon l’exposé des motifs du projet de loi, cette législation vise à soumettre les activités des plateformes étrangères au droit turc, à protéger les consommateurs et à instaurer ce que ses promoteurs décrivent comme une concurrence plus équitable dans le secteur du tourisme.
Elle rendrait également le droit turc applicable aux activités des plateformes en Turquie et donnerait compétence aux tribunaux turcs pour les litiges en découlant.
Ce projet de loi fait suite aux pressions exercées par le secteur du voyage intérieur turc. L’Association des agences de voyages de Turquie (TÜRSAB) a poursuivi en justice dix plateformes de voyage étrangères plus tôt cette année, arguant que leurs activités en Turquie créaient une concurrence déloyale pour les agences de voyages locales.
L’obligation de nommer un représentant élargirait également un modèle que la Turquie applique déjà aux grandes plateformes de médias sociaux. Des entreprises comme YouTube, TikTok, Facebook, Instagram, X et LinkedIn sont déjà tenues de nommer des représentants locaux en vertu de la réglementation turque sur l’Internet.
Cette législation revêt une importance particulière pour Booking.com, dont les services de réservation hôtelière en Turquie ont été suspendus à la suite d’une décision de justice rendue en 2017. Le tribunal avait estimé que la société s’était livrée à une concurrence déloyale car elle ne disposait pas de représentant légal en Turquie et n’avait pas rempli ses obligations fiscales dans ce pays.
La Turquie réglemente déjà les locations de courte durée proposées via les plateformes en ligne. En vertu d’une loi promulguée en 2023, les logements loués à des fins touristiques pour une durée de 100 jours ou moins doivent obtenir une autorisation du ministère de la Culture et du Tourisme, tandis que les plateformes faisant la publicité de ces propriétés doivent inclure le numéro d’autorisation dans leurs annonces.
Le nouveau projet de loi étendrait ce cadre réglementaire aux plateformes numériques étrangères par lesquelles sont vendus des hébergements, des billets d’avion et des services de transfert.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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