Un groupe émirati rachète 70 % d’Espressolab après le boycott de l’opposition
Les points importants
- Acquisition majeure : Le groupe Mair (Abou Dhabi) rachète 70 % d’Eslab, maison mère de la chaîne Espressolab.
- Contexte politique tendu : Espressolab était la cible d’un boycott de l’opposition après l’arrestation du maire d’İstanbul, Ekrem İmamoğlu, en mars 2025.
- Impact financier : Le boycott avait entraîné une chute de 22 % du chiffre d’affaires de l’entreprise sur deux mois, selon son PDG.
Le groupe Mair, basé à Abou Dhabi, a accepté d’acquérir 70 % de la société propriétaire de la chaîne de cafés turque Espressolab, cible d’un boycott de l’opposition suite à l’emprisonnement du maire d’İstanbul, Ekrem İmamoğlu, l’an dernier.
Mair a annoncé mercredi avoir signé un accord pour acquérir 70 % d’Eslab, qui possède la chaîne. L’opération est soumise à l’approbation des autorités de régulation, et les entreprises n’ont pas divulgué le montant de la transaction.
Les fondateurs d’Eslab et les autres actionnaires conserveraient les 30 % restants. Il s’agit de la première acquisition internationale de Mair depuis son introduction à la Bourse d’Abou Dhabi en décembre 2024.
Espressolab comptait plus de 400 magasins dans 21 pays en août dernier, dont plus de 310 dans plus de 50 villes turques, selon Mair. La plupart des magasins fonctionnent sous forme de franchises. Mair possède également le réseau de supermarchés Adcoop, les magasins Spar à Abou Dhabi et la société immobilière Makani.
Espressolab est devenue la cible d’un boycott de l’opposition lancé en mars 2025 après la détention et l’incarcération dans l’attente de son procès d’İmamoğlu, alors principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan. Sa détention a déclenché des manifestations à travers la Turquie.
Lors d’un rassemblement à İstanbul le 24 mars, Özgür Özel a exhorté ses partisans à cesser d’acheter du café chez Espressolab. Özel dirigeait alors le Parti républicain du peuple (CHP) et est aujourd’hui à la tête du principal parti d’opposition, le Nouveau Parti. Il a cité la chaîne parmi les entreprises que l’opposition accusait d’être liées au gouvernement ou de ne pas avoir couvert les manifestations.
Espressolab a nié tout lien politique. L’entreprise a affirmé que la famille Kocadağ en était propriétaire et qu’elle n’avait ni actionnaires ni bailleurs de fonds cachés. « Nous faisons du café, pas de la politique », a déclaré la société.
Des figures du parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP) d’Erdoğan, ainsi que des partisans du gouvernement, ont ensuite visité des succursales d’Espressolab pour manifester leur soutien à la chaîne.
Le PDG d’Espressolab, Esat Kocadağ, a déclaré en mai 2025 que son chiffre d’affaires avait chuté de 22 % en deux mois à cause du boycott.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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