La Turquie signe un contrat pour son premier destroyer de défense aérienne indigène à l’IDEF 2025
La Turquie a signé un contrat pour la construction de son premier destroyer de défense aérienne TF-2000, une étape majeure vers le renforcement de ses capacités navales et terrestres grâce à des technologies nationales avancées.
L’accord, portant sur la construction d’un navire dont le lancement est prévu en 2028 pour une livraison en 2030, a été signé entre le PDG d’ASFAT Mustafa İlbaş et le commandant de la marine turque, l’amiral Ercüment Tatlıoğlu, selon le site spécialisé Breaking Defense.
La signature a eu lieu lors du 17e Salon international de l’industrie de défense (IDEF 2025) à Istanbul, qui a rassemblé plus de 1 300 entreprises locales et internationales ainsi que des dizaines de délégations militaires de haut niveau. Sur le stand de la Présidence des industries de défense (SSB) — l’organisme turc chargé des acquisitions militaires — le constructeur public ASFAT (Military Factory and Shipyard Management Inc.) a été officiellement désigné comme maître d’œuvre de la classe TF-2000.
Le programme TF-2000 représente une étape clé dans les efforts de la Turquie pour développer une industrie navale autonome et exportable. Conçu par le bureau d’études de la marine turque, ce destroyer de 149 mètres jouera un rôle crucial dans la protection des flottes et des infrastructures terrestres contre les menaces aériennes et missiles.
Un responsable d’ASFAT a décrit le navire comme « un changement de paradigme pour la défense aérienne, en mer comme sur terre ».
La construction débutera en novembre 2025 par la découpe des tôles dans un chantier naval d’Istanbul. ASFAT prévoit d’achever l’un des 60 blocs du navire avant fin 2025.
Le destroyer intégrera plus de 85 % de composants locaux, dont le système radar AESA double bande ÇAFRAD développé par ASELSAN.
L’amiral Tatlıoğlu a souligné l’importance stratégique du projet : « Dans notre géographie, nous avons besoin d’une armée turque et d’une marine puissantes. Avec cet objectif, nous lançons la construction du TF-2000, qui rejoindra notre flotte. Il sera la composante maritime du Dôme d’Acier ».
Sa mission principale sera d’intercepter missiles de croisière et ballistiques, en synergie avec les défenses terrestres.
Son système de lancement vertical MIDLAS (96 cellules) pourra embarquer des missiles Atmaca (anti-navires), Gezgin (frappe terrestre) et des intercepteurs balistiques, lui offrant une polyvalence air-mer-sol.
La version présentée à l’IDEF 2025 intègre un nouveau mât accueillant le radar multifonction ÇFR (bande X) et le radar de surveillance UMR (bande S), renforcé par des systèmes de guerre électronique améliorant sa survie face aux frégates de classe I.
Avec un déplacement de 8 300 tonnes, une vitesse de 28 nœuds et une autonomie de 5 000 milles nautiques, le TF-2000 sera propulsé par un système CODOG (diesel et turbine). Il pourra opérer 45 jours en autonomie.
Son armement inclut un canon principal de 127mm, le système CIWS GÖKDENİZ, des tubes lance-torpilles et des sonars. Son architecture ouverte permettra d’intégrer des drones maritimes et aériens.
Le président de la SSB, Haluk Görgün, a mis en avant son potentiel à l’export : « Nos plateformes répondent aux besoins opérationnels tout en étant compétitives à l’international ».
Selon Kerem Orçun Yüksekdağ (ASFAT), plus de 80 % des délégations étrangères à l’IDEF 2025 ont manifesté leur intérêt pour le TF-2000, des négociations étant envisagées après son adoption par la marine turque.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie navale plus large incluant le sous-marin MİLDEN, la doctrine de souveraineté maritime « Patrie Bleue » et un futur porte-avions (2035).
ASFAT a également signé un contrat pour quatre patrouilleurs dérivés des corvettes Ada, livrables en 36 mois. L’entreprise, qui gère déjà la plus grande cale sèche flottante au monde, consolide son rôle dans la modernisation de la flotte turque.




